L'habitat insalubre dans le Grand Agadir (Maroc)

par Mohamed Atik

Thèse de doctorat en Géographie

Sous la direction de Abdelkader Abdellaoui.

Soutenue le 07-12-2009

à Paris Est , dans le cadre de École doctorale Sciences et Ingénierie, Matériaux, Modélisation et Environnement (Champs-sur-Marne, Seine-et-Marne) , en partenariat avec GEONAT (équipe de recherche) .

Le président du jury était Jean-Claude Driant.

Le jury était composé de Abdelkader Abdellaoui, Jean-Claude Driant, Philippe Cadène, Mohamed Benattou, Bernard Bret.

Les rapporteurs étaient Philippe Cadène, Mohamed Benattou.


  • Résumé

    L'habitat précaire dans le Grand Agadir a un caractère original, car il s'agit d'une ville entièrement neuve reconstruite sur une stratégie moderniste et volontariste après le séisme de 1960. L'évolution particulière de l'aire urbaine durant ces dernières décennies s'est traduite par un développement rapide de l'ensemble de ses centres enregistrant les taux d'accroissement les plus élevés du Maroc. Cette croissance exceptionnelle a engendré de nombreux problèmes dont le plus préoccupant est la prolifération des bidonvilles et des quartiers d'habitat clandestin. Actuellement, près d'un ménage sur cinq du Grand Agadir vit encore dans ces deux formes d'habitat. Le RGPH (2004) recense 10 331 baraques, abritant près de 18,3% de la population urbaine et 27 quartiers clandestins d'une superficie totale de 2539 hectares sur lesquels résident 36 966 ménages, soit environ 184 000 habitants. L'évolution de ces quartiers montre que les habitants s'y sont investis à la fois financièrement et affectivement. Loin d'être des lieux provisoires en marge des villes, ces quartiers constituent au contraire des parties non intégrées de l'urbain, comme en témoigne leur organisation spatiale et sociale et leur exclusion de tous les éléments de confort et d'intégration urbains (infrastructures, équipements socio-économiques). La particularité de ce phénomène réside dans le fait qu'il reprend les mêmes matériaux et les mêmes techniques de construction, mais se caractérise par la variété des couches sociales qui y résident et des typologies architecturales et urbanistiques. Les quartiers insalubres ont au moins deux points communs qui suffisent à les définir : d'une part, ce sont des "quartiers" de ville, des morceaux d'un espace dans lequel ils s'insèrent et, d'autre part, ils sont en bas de la hiérarchie urbaine : moins équipés, moins riches, moins attractifs. Ils cumulent les risques, l'exclusion, la marginalité et la pauvreté extrême. Ils représentent aussi un lei de tension et de résistance à toute tentative d'intégration et de régularisation par les pouvoirs publics. Ils se caractérisent aussi par leur dynamique ; ils s'imposent en effet, comme une composante active de la société urbaine. La population des quartiers insalubres produit un certain nombre de biens et de services consommés par la population de la ville formelle. Ces quartiers précaires produisent leurs propres équipements et participent dans la mesure de leurs possibilités à alimenter les caisses de l'État et des collectivités. Sans logis, sans emploi, sans sociabilité, les habitants sont aussi "sans voix", sans participation à la décision ou absents des politiques sociales de relogement. La "résorption" de l'habitat insalubre a toujours constitué une préoccupation pour l'État qui met tous ses moyens pour que cette forme d'habitation disparaisse de la ville. Ces gens souhaitent également un logement digne et une stratégie de RHI qui prend en considération leur mode de vie et leur situation sociale et économique. Ce travail de recherche analyse la problématique de l'habitat insalubre, dans ses aspects social, urbain et politique. Dans un premier temps, nous avons essayé de savoir comment les bidonvilles et l'habitat clandestin se sont développés en parallèle à la reconstruction. Dans un deuxième temps, nous avons étudié la structure interne des quartiers insalubres et illégaux en terme urbanistiques, sociaux et économiques, ainsi que les relations avec le reste de la ville, pour mesurer leur urbanité et leur intégration à celle-ci. A la fin de ce travail, nous avons analysé la politique de RHI dans ses stratégies et ses défauts, mais aussi les relations des habitants avec les pouvoirs publics


  • Résumé

    This research analyzes the problems of slums in its social aspect, and Urban Policy. Initially, we tried to find out how slums and illegal housing were developed in parallel with the reconstruction of the recent urban space. In a second step, we studied the internal structure of slums and illegal in terms of urban, social and economic, as well as relations with the rest of the city to measure their urbanity and integration thereof. At the end of this work, we analyzed the policy of RHI in its strategies and its defects, but also relations between the inhabitants and public authorities. The value of squatter settlements in Grater Agadir is original because it is an entirely new city was rebuilt on a modern strategy ansd proactive after the earthquake of 1960. The particular evolution of the urban area of this town in recent decades has resulted in rapid development of all its centers registering growth rates the highest in Morocco. This exceptional growth has created many problems in urban development with more concern are the proliferation of slums and illegal housing. Currently, nearly one in five households Greater Agadir still lives in these two types of habitat. According to the GPHC, 10,331 huts have been counted, which represents approximately 18,3% of urban population and 27 illegal neighborhoods with a total area of 2539 hectares on which 36 966 residents households, or appoximately 184 000 inhabitants. The evolution of these districts shows that there are people invested both financially and emotionally. Far from being places of temporary edge of town, these neighborhoods are rather non-integral parts of the city, as evidenced by their spatial organization and social exclusion of all basic amenities and urban integration (infrastructure, socio-economic facilities). The particularity of this phenomenom lies in the fact that it uses the same mateirals and same construction techniques, but it is characterized by the variety of social strata that live there and architectural typologies and urban planning. These slums have at least two common points which suffice to define them : first, they are "neighborhoods" of town, pieces of an area in which they operate and, secondly, they are down the urban hierarchy: less equipped, less affluent, less attractive. They combine the risks, exclusion, marginalization and extreme poverty. They also represnt a place of tension and resistance to any attempt at integration and regulation by government. They are also characterized by their dynamics, they are necessary because, as an active component of urban society. The slum population produces a number of goods and services consumed by the population of the formal city. These shantytowns are producing their own equipment and participate in the best of their ability to feed the coffers of the state and communities. Homeless, jobless, sociability, people are "speechless" without participation in the decision or absent social policies of resettlement. The "absorption" of slums has always been a political public claimed by the state that puts all its ressources to this form of housing disappears from the city. These people also want a decent home and a strategy for RHI, which takes into account their lifestyle, their social and economic

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