En attendant l'or. Une histoire souterraine de la colonisation française en Afrique noire. Explorations, prospections, économie minière (1850-1940)

par Stéphanie Samson

Thèse de doctorat en Histoire du monde contemporain

Sous la direction de Alain Plessis.

Soutenue en 2009

à Paris 10 .


  • Résumé

    C’est l’or du Bambouk, qui a attiré les explorateurs vers le Haut-Sénégal au 18e s. Pourquoi alors n’y a-t-il pas eu d’Eldorado dans les colonies françaises d’Afrique noire ? L’étude porte sur les investissements miniers, depuis l’échec, mi-19e siècle de l’exploitation de Kéniéba, planifiée par un Gouverneur du Sénégal, Faidherbe, hanté par le mythe de l’or, jusqu’aux mines d’Oubangui-Chari et du Cameroun dans les années 1930, en passant par les rushes de Côte d’Ivoire, Guinée et Congo, portés par la spéculation dans l’empire britannique et les succès du Congo belge. Rôle et formes de la politique minière coloniale sont examinés : objectifs, moyens et méthodes de l’administration, enjeux des connaissances scientifiques et techniques (cartographie, géologie), réformes juridiques, rapports avec les entreprises et les mineurs africains. D’abord, militaires et administrateurs craignant une ruée vers l’or, adoptent un droit minier restrictif. Sceptique sur la présence de richesses minières, la métropole spécialise l’Afrique dans l’agriculture. Pourtant, on trouve de la bauxite, du fer. Dans les années 1920 : le gouverneur général d’AEF Antonetti fait appel à de grandes entreprises qui cherchent des minerais industriels. Dans les années 1930, un nouveau groupe de pression du patronat des mines et de la métallurgie (CSMM, Comité des Forges) dirigé par un ingénieur des Mines, Fernand Blondel, fait de l’Afrique noire un continent stratégique, dont la prospection doit être facilitée par l’État. En 1939, or et diamants restent l’essentiel des exportations minérales de l’AOF et de l’AEF ; 70% de l’or vient de l’orpaillage africain. Ce résultat est vu comme un échec du colonisateur.

  • Titre traduit

    Waiting for gold. Explorations, prospecting,mining economy. An underground history of French colonization in Sub-Saharan Africa


  • Résumé

    Bambuk’s gold lured French explorers into the Upper Senegal region in the 18th century. So, why was there no Eldorado in the French African colonies south of Sahara ? This research focuses on mining investments: the failure of the Kenieba mines (mid-19th century), planed by Faidherbe, then Governor of Senegal, who was haunted by the myth of Bambuk’s gold, later the rushes of Ivory Coast, Guinea and the Congo, driven by the speculation in the British colonies and the success of the Belgian Congo, and in the 30’, the mines of Oubangui-Chari and Cameroon. The forms of the mining policy are studied through the objectives, means and methods of the administration, the use of science and techniques (cartography, geology), law reform and the relationships with companies and African gold miners. At first, military and administrators, afraid of a possible gold rush, chose a restrictive mining law. France was skeptical about the mineral wealth of Africa and specialized these colonies in agricultural products. However, bauxite and iron were found. In the 20’, Antonetti, ‘gouverneur general’ in French Equatorial Africa, favoured big business, which prospected for industrial minerals. In the 30’, a new lobby created by mining and metallurgy companies (CSMM and Comité des Forges), led by Fernand Blondel, a mining engineer, promoted Africa as a strategic place for minerals, pushing for an intervention of the state. Nevertheless, in 1939, gold and diamonds remained the main export minerals of AOF and AEF, 70% of this gold coming from traditional African mining. This was considered as a failure for the colonizing power.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (814 p., 181 f.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 751-778. Archives et sources p. 719-749. Index. Annexes (volume 2)

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : T 09 PA10-137 (1-2)
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