Le renouvellement urbain à Téhéran, politiques, pratiques et méthodes

par Reza Kheyroddin

Thèse de doctorat en Urbanisme et analyse spatiale

Sous la direction de Bernard Hourcade.

Le président du jury était Jérôme Marie.

Le jury était composé de Bernard Hourcade, Jérôme Marie, Marcel Bazin, Youssef Diab, Seyed Mahmoud Mostafavi Kashani.


  • Résumé

    Cette thèse porte sur l’analyse spatiale des politiques de renouvellement urbain à Téhéran (territoire municipal). Comment les actions réalisées durant de ces cinquante dernières années pour rénover le tissu urbain dégradé et surtout pour réduire les inégalités spatiales ont, de façon paradoxale, abouti à une fracture socio-spatiale encore plus forte dans la capitale iranienne. La division profonde bien connue de Téhéran entre le Nord au climat favorable habité par une population aisée, et le Sud proche du désert, mal équipé et habité par les couches défavorisées est devenue aujourd’hui plus complexe, mais aussi forte, car on a désormais une ville éclatée, opposant toujours Nord et Sud mais aussi le centre dégradé et les périphéries étalées. Le risque sismique, jadis occulté, est désormais pris en compte car il pourrait provoquer, en cas de crise majeure, 400 000 morts et la destruction de la moitiés des habitations. La question du renouvellement urbain constitue donc un enjeu majeur à Téhéran à la fois sur le plan de l’espace construit comme de la société. La méthode d’analyse privilégiée dans cette étude est de prendre en compte à la fois les faits à l’échelle globale, stratégique, municipale, des politiques urbaines, et de l’échelle locale des quartiers où les données sociales et techniques (habitat, urbanisme) sont imbriquées et interagissent. Cette approche « glocal » - globale et locale- de l’espace téhéranais est notamment fondée sur une analyse des données à l’échelle du district urbain (nâhiyeh). L’analyse critique de l’histoire des politiques et de la gouvernance urbaine montre que Téhéran a connu en deux siècles plusieurs Schémas directeurs qui n’ont jamais été achevés. Les politiques conduites par les différentes municipalités depuis les années 1990 sont au centre de cette étude qui montre comment la pratique à grande échelle de vente dérogatoire et même illégale, de densité (tarâkom foroushi) pour financer le budget municipal a bouleversé le paysage urbain avec la construction de tours dans les quartiers aisés et accentué la ségrégation socio-spatiale. L’analyse cartographique des données caractérisant les 112 districts (nâhiyeh) de Téhéran, et de plusieurs exemple d’opérations majeures d’urbanisme, montrent l’aggravation des ruptures spatiales de l’espace construit (quartiers dégradés) comme des faits économiques et sociaux. Par ailleurs, la méthode d’analyse associant d’une part les échelles globales (politiques, gouvernance) et locales (espace construit et vécu), et d’autre part les techniques de l’analyse spatiale à une échelle adéquate pour mettre en évidence les questions fondamentales, n’a jusqu’ici jamais été utilisée pour analyser la ville de Téhéran. Cette étude critique des politiques et de la gouvernance en matière de renouvellement urbain et les méthodes d’analyse proposées peuvent contribuer à faciliter le travail des décideurs et gestionnaires en vue d’une amélioration du cadre de vie des habitants de Téhéran.

  • Titre traduit

    Urban regeneration in Tehran, Policies, Practices and Methodes


  • Résumé

    This thesis focuses on the spatial analysis of urban regeneration policies in Tehran municipal perimeter. How the urban actions in the last decades, in paradoxical trends, led to a stronger socio-spatial rupture in Tehran? Tehran well-known urban geography shows up a considerable difference between the wealthy North and the poor South, but today, this fracture has been transformed to a new and more complex socio-spatial structure with a deeper opposition between North and South, a more degraded city centre and sprawled peripheries. This new context necessitates an urban renewal, with new policies and methods, taking into account global and local scales.Tehran has experienced various urban plans and operations. These actions were never fully implemented and leaving the capital city of Iran unachieved. The innovative urban renovation policies by the Tehran municipality since 1990, deeply changed both the city’s appearance (building of towers in Northern Tehran) and the urban governance with selling in large scale illegal derogation for higher density of construction permits (Tarakom forushi/Sell of density) in order to finance the city’s budget. The output of multivariable analysis of the physical and social characteristics of the urban districts (112 districts/Nâhiyeh) shows that the most recent policies failed in several issues. It did not improve the vulnerability of old central and south parts of Tehran that could be dramatically hit by a possible major earthquake (400,000 casualties, 55% of buildings damaged); The socio-economic and physical spatial rupture has been strengthened. This empirical study is discussed in the framework of the scientific on urban regeneration dealing especially on the dialectic between micro/local and macro/global (Glocal) issues. Based on this Glocal approach and via a multivariable spatial analysis, a new model is proposed for urban renewal, governance and method of analysis, at the suitable local scale of the districts (nahiyeh) to be used by local or municipal policy makers.


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