Du capitalisme aux "rapports humains", une recherche sur la lutte pour l'existence dans la philosophie politique de Gilles Deleuze

par Julian Ferreyra

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Francine Markovits.

Soutenue en 2009

à Paris 10 en cotutelle avec l'Universidad nacional de San Martin .


  • Résumé

    Nous proposons une analyse de l’œuvre du philosophe français Gilles Deleuze (1935-1995) à partir de deux concepts qui nous permettent d’en tracer un parcours problématique : « capitalisme » et « rapports humains ». Le premier de ces concepts nous d’effectuer une analyse du régime de fonctionnement de la forme sociale qui nous est contemporaine. Même si « capitalisme » recueille l’héritage de la théorie de Karl Marx (Allemagne, 1818-1883), il implique néanmoins des profondes différences de racine ontologique. En effet, là où Marx utilise l’ontologie dialectique de Georg Hegel (Allemagne, 1770-1831), Deleuze abordera le problème d’un point de vue plus adéquat à son ontologie de la différence : celui qui l’offre son interprétation (assez hétérodoxe) de la philosophie de Gottfried Leibniz (Allemagne, 1646-1716). Nous analyserons les profondes conséquences que ce changement représente. Cependant, les concepts leibniziens, qu’au moment de la description du milieu présent lui étaient si efficaces, doivent être abandonnés à l’heure de tracer une philosophie constructive. En effet, les limitations du point de vue leibnizien (réquisit de convergence des séries, de compossibilité, de choix divine, du principe du Meilleur) empêchent toute modification de l’état de choses. Pour ce faire, il est nécessaire d’encadrer le « rapport différentiel » leibnizien dans une ontologie plus large : celle que Deleuze construit à partir de Baruch Spinoza (Pays-Bas, 1632-1677). Cette ontologie nous permettra identifier la différence entre le rapport historiquement contingent du capitalisme du rapport qui nous constitue, nous, les humains : ce que nous nommerons « rapports humains ». Ce qui convient a ces rapports sera le critère pour la constitution d’un nouveau régime de fonctionnement social qui, au lieu d’être fondé dans des passions tristes qui nous asservissent, soit fondé dans les affects actifs qui permettent l’épanouissement de notre puissance.

  • Titre traduit

    From capitalism to « human relations » : an inquiry on the struggle for existence in Gilles Deleuze’s political philosophy


  • Résumé

    We aim to interpret the work of the French philosopher Gilles Deleuze (1935-1995) basing our analysis on two concepts that will allow us to trace a problematic itinerary: “capitalism” and “human relations”. The first of these concepts will let us carry out an analysis of the regime of functioning of the contemporary social form. Even if “capitalism” embraces the heritage of Karl Marx’s (Germany, 1818-1883) theory, it implies nevertheless deep differences of ontological root. It’s where Marx utilises the dialectical ontology of Georg Hegel (Germany, 1770-1831) that Deleuze will take the problem from a stand point more adequate to his ontology of difference: the one provided by his interpretation (heterodox enough) of the philosophy of Gottfried Leibniz (Germany, 1646-1716). We will examine the deep consequences of this replacement. However, the concepts of Leibniz, that where very efficient when it came to describing our world, must be abandoned when working on a constructive philosophy. The limitations of the point of view of Leibniz (requisite of converging series, of composibility, of divine choice, of the principle of the Best) block all modifications of the state of the matter. To do so, it is necessary to fit Leibniz’s “differential relation” into the larger frame of the ontology of Baruch de Spinoza (Holland, 1632-1677). This ontology will permit us to identify the difference between the historically contingent relation of capitalism and the relation that constitutes us, humans: what we will call “human relations”. What is adequate to these relations will be the criteria for the constitution of a new regime of social functioning that, instead of being based on the affects of sadness that imply our bondage, may be based in the active affections that allow the fulfilment of our power.

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Cette thèse a donné lieu à une publication en 2010 par l'Harmattan à Paris

L' ontologie du capitalisme chez Gilles Deleuze


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  • Cote : T 09 PA10-024
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Informations

  • Sous le titre : L' ontologie du capitalisme chez Gilles Deleuze
  • Dans la collection : ˜La œphilosophie en commun
  • Détails : 1 vol. (327 p.)
  • ISBN : 978-2-296-11777-8
  • Annexes : Bibliogr. p. 319-324
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