Histoire et évolution dans la théorie sociale contemporaine

par Louis Rodrigue Thomas

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Jacques Bidet.


  • Résumé

    Entre « histoire » et « évolution » existe une véritable complicité théorique autour du projet de la modernité occidentale. En dépit de leurs différences fondamentales, ces deux paradigmes ont convergé vers la vision moderne du progrès. En témoigne la récurrence des concepts de développement, de processus, de perfectibilité etc. Ainsi « histoire », « évolution» et « progrès » se combinaient dans l'expérience d'un temps essentiellement historique. Ils symbolisaient le mouvement et le temps - au sens d'un « avant » et d'un « après ». En jetant le discrédit sur les récits structurants de la modernité - l'hégélianisme, le libéralisme, le marxisme, le XXe siècle n'ébranle-t-il pas les fondements du paradigme historique? Comment l'évolution a-t-elle pu résister à la crise du savoir ? Pourquoi parvient-elle à empiéter autant sur le terrain traditionnel de l'histoire? Les nouveaux mythes engendrés par le progrès spectaculaire de l' ingénierie génétique » tendent à attribuer au schème évolution une dimension rationnelle à toutes les échelles. Or le « schème évolution » renvoie aux temps planétaires d'avant le processus d'hominisation, et l'explication du changement historique est associée à l'expérience de l'humanité. En généralisant le principe de la « sélection naturelle », l'évolution peut-elle supplanter l'histoire? Le concept moderne d'histoire renferme-t-il des ressources suffisantes pour penser les cohérences actuelles ? Sous le couvert du rapport histoire/évolution, s'énonce une thèse qui s'emploie à réactiver le concept d'histoire hors du cadre de la « philosophie de l'histoire ». Cela suppose s'en prendre aux contradictions les plus manifestes de notre époque. En ce sens, le rapport nature/histoire ne charrie-t-il pas une forme déterminante de ces contradictions? Peut-on continuer à u altériser » la nature par le biais de l'antithèse nature/culture, nature histoire? Peut-on réinvestir le concept d'histoire sans décentrer notre vision moderne de l'histoire?

  • Titre traduit

    History and evolution in contemporary social theory


  • Résumé

    From the perspective of occidental modernity, the notions of history and evolution are intricate. Despite fundamental differences, both paradigms converge into the modern conception of progress. This is asserted by the recurrence of concepts such as development, process, perfectibility, and so fort. Thus the notions of "history", "evolution" and "progress" together contributed to the realization of a lime thought as essentially historical. They were used to symbolize the movement and the lime - in the sense of a '-before" and an "alter". The twentieth century discredited all constitutive theories of the modernity Hegelianism, liberalism, Marxism. By doing so, does it not weaken the basic of the historical paradigm? How did evolution resist the crisis of knowledge? Why does it overtake a sphere traditionally owned by history? The new myths - created by striking progress of "genetic engineering" - tend to ascribe a national dimension to "evolution-scheme' in every respect. Yet, "evolution-scheme' refers to the lime before the process of hominisation. Furthermore, the explanation of historical change is associated with the experience of humanity. Could evolution supplant history by generalising the principle of "natural selection"? Is the modem concept of history operative enough to conceive the present? This thesis - from the angle history/evolution - aims to separate history from "philosophy of history". That requires dealing with the evident contradictions of our lime. In this respect doesn't the relationship between nature and history hold a fundamental form of these contradictions? Should the term nature still be defined in opposition - litre in nature/culture, nature/history? Can we change our concept of history without loosing the sense of the modem conception of history

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Informations

  • Détails : 1 vol. (383 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 338-383

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  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T 09 PA10-4
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