La presse et le développement de la littérature écrite dans les anciennes colonies belges d'Afrique de 1945 à 1985 : cas du Congo-Zaïre

par Frédérick Babu

Thèse de doctorat en Langue et littérature françaises

Sous la direction de Bruno Clément.

Soutenue en 2009

à Paris 8 .


  • Résumé

    Les relations entre la presse écrite et la littérature sont très étroites. Cette observation s’impose lorsqu’on considère l’histoire littéraire et sociopolitique congolaise. Dès 1504, des écoles pour l’alphabétisation des Congolais sont ouvertes par des Missionnaires catholiques portugais. Diverses publications, souvent en lien avec la religion, sont imprimées au cours des siècles qui ont suivi. En 1926, la Conférence internationale de Zoute, en Belgique, proclame la nécessité de promouvoir la publication d’ouvres littéraires dans les langues africaines. L’éveil à l’écriture en langue française est dû à plusieurs faits socioculturels : les concours littéraires, organisés par les Amis de l’Art Indigène, diverses publications de revues et la création, en 1943, des éditions la Bibliothèque de l’Etoile et autres. Mais la politique coloniale favorise surtout un enseignement élémentaire et utilitaire, peu propice à l’éclosion de talents littéraires. Il faut attendre la création du mensuel « La Voix du Congolais » (1945-1959) par le poète A. - R. Bolamba, pour qu’une tribune littéraire soit offerte aux « évolués ». Un autre auteur, révélé par la presse retient l’attention : J. F. Iyeki. Au regard de la poésie, entre 1960 et 1967, grâce à des cercles littéraires et des tribunes éditoriales, telles que « Documents pour l’action » et « Présence Universitaire », des auteurs parviennent à être publiés et obtiennent des prix littéraires. Pendant la période Mobutu, la littérature, au début plutôt essayiste, à son initiative, retrouve une démarche plus artistique et culturelle, dans la décennie 70, mais les publications, d’après 1975, seront surtout des ouvres d’exilés. Les premiers essais concernant le théâtre remontent à A. Mongita (1955) mais c’est au cours de la décennie 70-80, que ce genre connaît un véritable essor. Un nom domine encore : M. Mikanza, dont la pièce la plus célèbre est Procès à Makala (1977). En ce qui concerne les récits – roman, nouvelle, conte – un nom domine au cours des années 70, celui de B. Zamenga. On assiste alors à un certain procès des valeurs ancestrales face au modernisme mais la littérature zaïroise ne s’affirme véritablement qu’avec l’apparition, dans la presse, de références à des auteurs, presque tous issus de l’université Lovanium et vivant pour la plupart à l’étranger, comme V. Y. Mudimbe, G. Ngal, M. N. Kadima, P. Ngandu et M. Buabua wa Kayembe, S. Djungu et Cl. Faïk Nzuji. Parmi les critiques littéraires, il y a lieu de saluer, à cette époque, l’ouvre de A. Mbuyamba, dans la revue "Présence universitaire".


  • Résumé

    The links between press and literature are very tight. This statement is all the more obvious if one observes from an historical point of view both the Congolese literature, and the Congolese politics and society. From 1504 on, schools to teach how to read and write have been opened by Portuguese Catholic missionaries. Different kinds of publications, often related to religion, were printed during the following centuries. In 1926, the international Conference in Zoute, Belgium, states the necessity to promote the publication of literary works in African languages. The emergence of writing using French language results from three sociocultural facts: literature contests, organized by the Native Arts Friends, various publications in magazines, and the creation, in 1943, of the Star Library publishing house. But the colonial policy emphasizes above all elementary and practical teachings, unlikely to help literary talents stand out. It was not until the foundation of the monthly « Congolese Voice » (1945-1959), by the poet A. -R. Bolamba, that a literary platform became available to the « developed » ones. Another author, revealed in the press, deserves some attention: J. F. Lyeki, Regarding poetry, between 1960 and 1967, through literary circles and newspapers opinion columns, such as « Documents for Action » and « Academic Presence », authors managed to be published and were awarded literary prizes. During the Mobutu era, literature, at the start rather essay-oriented at his own initiative, ends up going back to a more artistic and cultural style in the 1970’s; yet after 1975, publications will come mainly from writers in exile. The first essays dealing with theater started in 1955 with A. Mongita, but this genre will not really flourish until the 1970’s. One name still stands out: M. Mikanza, whose most famous play is Trial in Makala (1977). As far as stories are concerned –novels, short-stories, tales-, one name prevailed during the 1970’s: B. Zamenga. Traditional values are then challenged in the face of modernism. Yet Zairian literature will not assert itself until references to authors - almost all from Lovanium University and mostly living abroad, such as V. Y. Mudimbe, G. Ngal, M. N. Kadima, P. Ngandu, M. Buabua wa Kayembe, S. Djungu, and Cl. Faïk Nzuji- were made in the press. Among literature critics, the work of A. Mbuyamba, in the review « Academic Presence », deserves to be praised.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (515 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.399-429

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  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
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  • Cote : TH 2823
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