Contribution de l'Internet à l'affirmation de la démocratie en Afrique noire francophone : le cas du Sénégal

par Moustapha Mbengue

Thèse de doctorat en Science de l'information et de la communication

Sous la direction de Claude Baltz.

Soutenue en 2009

à Paris 8 .


  • Résumé

    Parler d’une contribution de l’Internet à l’affirmation de démocratie en Afrique peut sembler mal à propos. La démocratie, est bien souvent considérée comme une affaire de pouvoir, d’États et de peuples. Or, il n’existe ni un pouvoir, ni un État, encore moins un peuple homogène en Afrique (même culture, même histoire) que l’on peut assimiler à une communauté. Il existe en Afrique une multitude de peuples avec chacun ses langues, ses us et ses coutumes et bien souvent un mode de gouvernement et une perception démocratique différente de celle des autres. Cependant, il existe en Afrique des tentatives de regroupement politique ou de gouvernement à une échelle régionale. L’Union africaine et la CEDEAO en sont des exemples frappants. Ces organisations ne sont, me semble-t-il, que des formes d’intégration. Or, l’intégration n’est pas forcément synonyme de démocratie. Elles ne relèvent que d’une volonté politique de Chefs d’États qui visent à intégrer la théorie des grands ensembles (États-Unis, Communauté européenne) sans que cela soit l’émanation d’un commun désir populaire de vivre ensemble, exprimé par les populations africaines. Ces dernières ne sont pas consultées (par référendum comme ce fut le cas avec la communauté européenne) et elles ne définissent par conséquent pas la forme et encore moins les principes de fonctionnement de ces institutions. Comment donc, parler de démocratie à une échelle régionale africaine alors que cet espace contrairement à un pays n’existe pas administrativement ? Comment vouloir, simplement a fortiori tenter d’articuler l’Internet à une démocratie dont les contours physiques et politiques de son terrain d’expression ne sont pas définis ? Ce pari semble difficile à tenir à priori, mais il vaut la peine d’être tenté. C'est à cela que s’est livrée notre étude. La première partie de l’étude est une introduction générale sur la démocratie et les TIC en Afrique. La seconde partie est une analyse approfondie du cas sénégalais et elle présente les différentes initiatives de mise à contribution des TIC au service de la démocratie dans ce pays. La troisième partie est une étude sur l’utilisation des TIC en général et de l’internet en particulier lors des élections présidentielles au Sénégal en 2007. Nous avons ainsi observé et analysé les usages démocratiques de l’internet au niveau de trois acteurs majeurs de la démocratie en Afrique, à savoir : la société civile, les élus locaux, les populations sénégalaises, lors des élections présidentielles de l’année 2007. Nous sommes ainsi arrivé, à la lumière du diagnostique, à la conclusion que voici : malgré la fracture numérique et la relative jeunesse de la démocratie en Afrique, l’Internet contribue à une meilleure participation du continent noir au mouvement social mondial. Aussi, le cas sénégalais nous a permis de conforter, sans pour autant verser dans le déterminisme technologique, l’hypothèse que l’Internet participe, peut être encore timidement dans certains pays à l’affirmation de la démocratie en Afrique. Cette participation se mesure principalement à l’exercice du pouvoir, dans l’administration électronique, au dialogue entre les élus et leurs mandants, mais également dans la conquête du pouvoir par la mise à contribution des TIC à l’organisation de joutes électorales. Aussi, ce travail se termine par une réflexion sur l’opinion publique et la citoyenneté à l’heure du numérique, de même que quelques recommandations et des pistes de réflexion pour une meilleure appropriation démocratique de l’Internet au Sénégal en particulier, et en Afrique en général

  • Titre traduit

    ˜ œContribution of the Internet to the assertion of democraty in French-speaking Black Africa : the case of Senegal


  • Résumé

    To table about the Contribution of the Internet to the assertion of the democracy in Africa may seem not to be relevant. The démocraty is often a matter of power, Governents and nations. Yet, there exists neither a power, nor a homogeneous State even less one people in Africa (that is to say same culture, common history) which one can assimilate to a community. There exists in Africa a multiplicity of people each one with its own languages, its customs and its habits, and very often a form of government and a perception of democraty different from a nation to another. However it exists in Africa attemps to set up polical groupings or governents at the regional level. African Union and ECOWAS are feasible examples. It seems that these organizations are only ways and means for integration whereas integration doesn’t necessary mean democraty. They (organizations) are only a political will of many heads of states who want to apply the theory of Globalization (ex United States of America, European Community). The will of the Chief is not the emanation of a common popular desire of living together, expressed by the African populations. The latters are not involved in decisions taking (through a referandum as it was with the European Community) consequently they don’t define the form let alone the functioning principles of those institutions. How to talk about democraty in the African regional dimention if we know that this space, administratively speaking doesn’t exist ? How can we simply try to link the Intrnet with democraty without difining beforehand the space where physical and practical outlines should not be demarcated ? This topic is so challenged that we think it’s worth deepening the analysis on it. That’s the porpose of our Study. We focused on an general introduction about democraty and the ICT in Africa. The second part is a deep analysis on Senegal taken as an exemple ; it shows the different initiatives for the contribution of the ICTregarding the improvement of democraty in this country (Senegal). The third part is a study on the use of the ICT in general and that the Internet especially during the presidential elections in Senegal in 2007. We have observed and analysed the democratic uses of the Interrnet in three major levels of democraty in Africa ; that is to say : The Civil Society Organizations ; Members of parliaments Senegalese people during the Presidential election in 2007. This leads us to the following conclusion. Despite the Digital devide and the relativity of African young democraty, Internet contributes to a better particiapation of Africa regarding the World Social Movement. The exemple of Senegal has allowed us, without falling into technological determinism, to strenghen the hypothesis that the Internet participates in consolidating the assertion of democraty in Africa, even it it is going on slowly in some countries. Such a particiapation can be mainly measured by the management of the power with the e-administration, the dialogue between the representatives and those who have elected them ; without forgetting the conquest of the power thraough the contribution of the ICT in monitoring of the elections. At last, this work comes up with an analysis on identity and citizenship in the time of the digital era ; with also a few recommandations and guidelines of reflexion for a better democratic appropriation of the Internet, particulary in Senegal, in africa in General.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (294,XXII p.)
  • Annexes : Bibliogr. p.288-294

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  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 2779
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