Influence des comportements à risque sur l'épidémiologie du VIH à Djibouti et mise en place d'un système d'alerte précoce aux épidémies dans un contexte de ressources limitées

par Ammar Abdo Ahmed

Thèse de doctorat en Épidémiologie

Sous la direction de Antoine Flahault.

Soutenue en 2009

à Paris 6 .


  • Résumé

    Ce travail visait initialement à identifier les facteurs de risque spécifiques qui pouvaient être associés à l’épidémie de VIH à Djibouti. La valorisation de ce travail de recherche a conduit à la mise en place d’un système de surveillance épidémiologique intégré opérationnel. En effet, il est vite apparu dommage de ne pas faire bénéficier de ce système de surveillance spécifique au VIH les autres priorités de surveillance épidémiologique du pays. Nous avons ainsi abordé le système de surveillance épidémiologique dans sa globalité. Le système en place souffrait alors d’une faiblesse des ressources allouées, d’une faible adhésion du système de soins en pleine réforme et de l’absence d’une volonté d’en faire un outil d’aide à la décision. C’est dans ce contexte que nous avons réorienté notre travail et nous avons reçu un fort appui politique et technique pour relever des défis de taille dans un pays en développement. Grâce à l’aide de l’OMS, nous avons mis en place un système de surveillance sentinelle du VIH qui ne s’appuie pas uniquement sur un seul groupe à risque ou dans un espace limité mais sur la population générale permettant des enquêtes annuelles anonymes non corrélées. Actuellement nous évoluons vers une surveillance de deuxième génération. Nous avons par ailleurs mis en place un système de surveillance intégré des maladies évitables par la vaccination (Diphtérie, Coqueluche, Tétanos néonatal, Poliomyélite, Rougeole, Méningite, Oreillons, Rubéole) et des maladies à potentiel épidémique telles que le Choléra, le Paludisme, la grippe aviaire et les fièvres hémorragiques. L’approche suivie est surtout une approche clinique ou syndromique secondairement confirmée par la biologie. Deux travaux de recherche ont été finalisés :1. Les facteurs de risque du VIH à Djibouti. Cette étude a révélé certains facteurs de risque spécifiques au contexte djiboutien. La consommationdu Khat par des chômeurs et la transfusion sanguine sont spécifiquement associées à l’infection par le VIH à Djibouti. 2. La dynamique de l’épidémie de choléra dans la région de la Corne de l’Afrique. Cette étude est nourrie d’une riche expérience de terrain ayant conduit au suivi de populations migrantes clandestines, vecteurs de l’épidémie dans la Corne de l’Afrique. Notre travail a permis l’identification d’un nouveau sérotype inconnu dans les précédentes vagues épidémiques de choléra en Afrique. Par ailleurs, nous nous sommes intéressés aux vecteurs car à Djibouti les maladies à transmission vectorielle constitue un problème de santé publique fortement prévalent. En effet, en dehors du paludisme, nous avons identifié des cas de Dengue, de West-Nile, de Chikungunya et de Myiase. De surcroît, le contexte régional de l’épidémie de la Fièvre de la Vallée du Rift n’était guère rassurant. Il était urgent de mettre en place un dispositif de surveillance entomologique à travers la création d’une équipe bien formée, la réhabilitation et l’équipement du laboratoire d’entomologie. Ceci a été permis grâce à l’appui du NAMRU-3. En peu de temps, nous avons pu monter ce dispositif et réaliser la surveillance, la capture, l’élevage et la lutte biologique vis-à-vis de ces vecteurs. Au total, nous avons abordé une problématique épidémiologique et de veille sanitaire dans un contexte de ressources limitées aux priorités multiples. Nous avons pris prétexte de notre thèse et de nos collaborations scientifiques internationales pour déployer un nouveau système de surveillance épidémiologique, formant du personnel, mobilisant un important investissement de l’État dans la mise en place du système d’information sanitaire. Rapidement, notre système a permis de détecter des épidémies de choléra, de rougeole et de coqueluche mais aussi de pathologies émergentes qui étaient peu connues (car possiblement peu recherchées) dans cette contrée du monde : la myiase, la grippe aviaire H5N1, le virus du West-Nile entres autres. Ainsi notre travail trouve sa cohérence dans la richesse des expériences que nous avons pu échanger avec les autres pays en développement, dans un dialogue Nord-Sud original et respectueux du besoin d’augmenter les capacités et les ressources locales et le transfert de technologies et standards contemporains.

  • Titre traduit

    Risk factor of HIV in the Horn of Africa : a case control study in Djibouti and setting up an early warning system against outbreaks in limited ressources country


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  • Détails : 1 vol. (180 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 173-177. 71 réf. bibliogr.

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  • Bibliothèque : Université Pierre et Marie Curie. Bibliothèque Universitaire Pierre et Marie Curie. Section Biologie-Chimie-Physique Recherche.
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  • Cote : T Paris 6 2009 315
  • Bibliothèque : Université Pierre et Marie Curie. Bibliothèque Universitaire Pierre et Marie Curie. Section Biologie-Chimie-Physique Recherche.
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