Anticipation des conditions de la pérennité des firmes dans un contexte de globalisation : le modèle "Théodore N. Vail"

par Benjamin Pinta

Thèse de doctorat en Science politique

Sous la direction de Bertrand Lang.

Soutenue en 2009

à Paris 5 .

Le jury était composé de Pascal Chaigneau.


  • Résumé

    Dans cette thèse, nous avons reconstruit les fondements et principes du modèle proposé par Théodore N. Vail, entre 1907 et 1919, en tant que président de l’AT&T, opérateur historique de téléphonie aux Etats-Unis. Il se caractérise par la proposition d’un état « idéal » de la valeur d’usage et de l’expansion d’un marché considéré, l’intégration et la coopération de producteurs potentiels en vue de cet « idéal », la transition d’une responsabilité limitée à une responsabilité « complète », qui suppose notamment la fixation d’un profit « suffisant » pour les actionnaires, et enfin clarté, transparence et vérité. Ce modèle a vocation à être appliqué à toute activité économique intensive en capital technologique et opérant dans un marché ouvert et globalisé, ces deux facteurs rendant les conditions d’une concurrence « parfaite » impossibles. Son seul cas d’application connu, le « Bell system » de l’AT&T à l’œuvre entre 1907 et 1984, a été mis en place par une firme en position de domination abusive avérée dans un contexte de mondialisation libérale qui voit la formation conjointe d’une bulle des télécoms et d’une crise grave d’origine financière dite « panique des banquiers ». Ce modèle fut plus efficace que la concurrence classique – alors que les avantages concurrentiels de la firme avaient été neutralisés dans le cade de « l’accord de Kingsbury » de 1913 – ou l’administration publique et a parfaitement fonctionné dans son cadre légal d’application, la téléphonie. Le démantèlement de l’AT&T, effectif en 1984, ne venait pas remettre en cause sa pérennité : l’objectif légal du modèle étant atteint depuis quelques années. L’abandon de ce modèle, dans le cadre du marché des « communications électroniques », prolongement direct du marché de l’intercommunication considéré par Vail, a fait ressurgir les défaillances qu’il avait justement corrigées, cela malgré la présence d’un très grand nombre d’autorités de surveillance – qui n’existaient que marginalement à l’époque de Vail-. L’abondance de contrôle n’a pas évité : spéculation, dumping et gaspillage à court terme, collusion, sous investissement et creusement des inégalités, à long terme, après de multiples défaillances d’entreprises. Ces défaillances de marché semblent à nouveau à l’œuvre dans la crise actuelle des « Subprime ». Dès lors, si des producteurs décidaient de reconstruire un modèle de « Théodore N. Vail », alors, il n’y aurait pas de raisons objectives à la remise en cause du processus dans le cadre de sociétés démocratiques qui protègent la capital, souhaitent valoriser le travail, optimiser la consommation, sans nuire aux libertés individuelles. Ce processus pourrait même être incité par les pouvoirs publics, en proposant aux firmes la possibilité de déroger aux lois antitrust contre l’adoption d’un tel modèle, notamment dans le cadre d’activités économiques, dont dépendent fortement les autres. Les exemples, outre les Communications électroniques, ne manquent pas : banque, finance, assurance, énergie, transport, santé, environnement.


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Informations

  • Détails : 1 vol. (523 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 494-523

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