L'opéra ou l'émancipation du corps à travers l'oeuvre scénique de Christoph Marthaler et Krzysztof Warlikowski [Opéra de Paris, 2004-2008].

par Leyli Daryoush

Thèse de doctorat en Études théâtrales

Sous la direction de Georges Banu.

Soutenue le 30-11-2009

à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Arts et médias (Paris) , en partenariat avec Institut de recherches en études théâtrales (Paris) (laboratoire) .

Le président du jury était Isabelle Moindrot.

Le jury était composé de Georges Banu, Isabelle Moindrot, Anne-François Benhamou, Gérard Lieber, Myriam Tanant.


  • Résumé

    Cette thèse traite du rapport entre le corps et la voix dans la représentation lyrique actuelle, de même qu’il s’interroge sur son devenir. L’opéra a longtemps été le terrain privilégié de la voix, avec la perception du spectateur basée sur la jouissance vocale au détriment du corps. Mais, suite au renouveau de la mise en scène lyrique contemporaine, l’opéra découvre une expérience perceptive nouvelle, fondée sur la concordance entre le corps et la voix. Cette nouvelle relation corps-Voix n’a jamais été problématisée sous l’angle de la perception. Les opera studies américaines, déconstruisant la dualité voix-corps, pour aboutir à une conception nouvelle du corps, lui permettant d’acquérir son autonomie, en dépit de la dimension mythique accordé à la voix. Nous assistons aujourd’hui à une mutation du langage scénique à l’opéra, celui-ci disloquant le corps et la voix au profit de son démembrement ; je nomme mise en écoute ces nouvelles expériences scéniques. C’est notamment dans les œuvres de Krzysztof Warlikowski et de Christoph Marthaler que ce phénomène est visible. En plaçant les chanteurs dans une frontalité exacerbée, ils utilisent le plateau au profit de pantomimes, représentant des corps silencieux, ceux de personnages fictifs ou faisant partie de l’intrigue. Ces pantomimes agissent sur la perception de l’auditeur, déplaçant l’écoute frontale centrée sur la voix sur celle périphérique des corps muets. A cette stratégie scénique, transférant la perception de l’auditeur sur le corps, répond une autre stratégie qu’est la mise en scène de l’écoute : apparaissent sur le plateau des figures d’écoutes qui, encerclant la voix, la prennent en otage au profit d’une expérience chorale où nous écoutons l’écoute des autres. Ces expériences permettent l’émancipation progressive du corps, son éloquence envahissant alors le plateau. Surgissent alors des sections rajoutées au tronçon de l’œuvre : ces séquences de corporalité pure s’infiltrent dans les fissures de l’œuvre, dilatant le temps musical ou débordant littéralement du cadre formel.

  • Titre traduit

    Opera or the emancipation of the body through the stage works of Christoph Martherl and Krzysztof Warlikowski [Opéra de Paris, 2004-2008]


  • Résumé

    This dissertation is about the relation between body and voice in contemporary opera staging and its future. Opera has been considered as a voice phenomenon, defining the experience of the spectator based on vocal pleasure. After the renewal of the opera staging from the 50s, operagoers discover a new way of perception founded on the concordance between voice and body. American opera studies have deconstructed this body-voice relation, reaching a new conception of the body being independant despite of the mythical aspect of the operatic voice. We are witnessing a change on the operatic stage. This change consists of the division of the body and the voice and I name this reversal of the relation between body and voice the mise en ecoute. This phenomenon is shown in the stage works of Krzysztof Warlikowski and Christoph Marthaler. By putting the singer on the forestage and lessening the distance between the audience and singer, they use the stage for pantomimes, showing silent bodies who are the fictional characters or the real ones belonging to drama. These pantomimes impact on the spectator’s perception, directing his hearing from the voice to the mute body. We also notice another stage strategy which is the staging of the listening of the characters. The attention of these new listeners to the voice creates a new perception in which the spectator listens the hearing of these unusual figures, identifying himself with them. Through these experiences, the body frees itself, and its new voice invades the stage. New silent scenes appear on the stage which add to the operatic structure. These sequences of pure physicality penetrate into every layers of the work, in between the acts or at the beginning of the work, or even at the end, expanding the time of the work or overflowing the formal frame.

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