Déplaire à son public pour un auteur du XVIIIe siècle : le cas de Rousseau

par Christine Hammann

Thèse de doctorat en Littératures française et francophone

Sous la direction de Jacques Berchtold.

Le président du jury était Jean-Paul Sermain.

Le jury était composé de Jean-Paul Sermain, Alain Grosrichard, Jean-François Perrin, Yannick Séité.


  • Résumé

    Déplaire : ni une notion constituée, ni un champ de recherche. Mais une revendication : celle de plusieurs écrivains et artistes français au XVIIIe siècle, rechignant à répondre aux attentes du public. L’avènement d’une « opinion publique », dont l’autorité est contestée, renforce leur désir d’autonomie. Parmi les plus éloquents d’entre eux : Rousseau. À partir du Discours sur l’origine de l'inégalité [1751] et à l’occasion d’une éclatante « réforme » personnelle, le Citoyen de Genève établit la nécessité de rompre avec les arts de plaire qui ordonnaient la vie sociale et l’écriture littéraire depuis le XVIIe siècle. Mais il est bientôt confronté aux écueils de la tentation autarcique et d’une revendication d’indépendance immédiatement susceptible de se transformer en stratégie de séduction. Ainsi l’écrivain dénonce, au tournant des années 1760, sa posture d’auteur « rébarbatif ». Ce faisant, il s’essaie à fonder un nouveau plaire, libre et dégagé des obligations courtisanes… La poétique qui accompagne cette réhabilitation d’une forme de séduction se déploie notamment dans La Nouvelle Héloïse. Parvient-elle pour autant à surmonter l’interdit du plaisir littéraire posé par la Lettre à d’Alembert ? Cela n’est pas certain ; car c’est sa propre entreprise de persuasion qu’en dernière instance l’écrivain dénonce, et c’est en empoisonneur public qu’il se présente, secrètement, entre les lignes de son roman.

  • Titre traduit

    When authors decide to displease their audience : Rousseau in his century


  • Résumé

    To displease: this is not a concept, neither a matter of research, but rather a claim--the claim of several writers and artists from the French 18th century, who where reluctant to meet their public’s expectations. The accession of public opinion, whose authority is contested, confirms their desire for autonomy. Among the most eloquent of them is Rousseau. After his Discourse about the origins of inequality among men [1751] inspired his own personal “reformation”, the Genevan citizen unexpectedly proclaims the need to be rid of the long-standing “art to please,” which, up until this point, had ordered social and literary life since the 17th century. However, he is quickly confronted by the dangers of autonomy and a quest for independence that could easily be mistaken as a deceptive form of seduction. In light of this, at the end of the 1750’s, Rousseau decides to renounce his stance as an insolent, forbidding author, and he re-establishes the aim to please, although this time in a different way. The language that is characteristic of the seductive style this author inaugurates is found in his novel La Nouvelle Heloise. But is the novelist able to trump his position, stated in the Lettre à d’Alembert, where he attacks literary pleasure? He would say so; but ironically, it is Rousseau’very own means of seduction that the is attacking when he suggests, indiscreetly, through the lines of his work, that he has been poisoning the public mind.


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