Néron au théâtre : étude dramaturgique, morale et politique

par Laurent Tiesset

Thèse de doctorat en Theatre et arts du spectacle

Sous la direction de Georges Banu.

Soutenue le 28-04-2009

à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Arts & médias (2009-2015 ; Paris) , en partenariat avec Atelier de recherche sur l'intermédialité et les arts du spectacle (équipe de recherche) .

Le président du jury était Chantal Meyer-Plantureux.

Le jury était composé de Georges Banu, Chantal Meyer-Plantureux, Philippe Heuzé, Christian Biet.


  • Résumé

    Tacite et Suétone laissent une image délirante de Néron, tout à la fois matricide perfide et histrion précieux, amant insatiable ou Orphée cocasse. La dramatisation de ces visions antagonistes se poursuit depuis l’antiquité depuis l’Octavie du Pseudo-Sénèque jusqu’au Britannicus de Racine. Loin de nous proposer une énième effigie tragique du despote latin, le XVIII e siècle présente une image paradoxale de Néron : d’abord celle d’un despote timoré et peu sanguinaire dans l’œuvre d’Alfieri puis celle d’un dictateur artiste du crime qui se suicide sur scène avec Legouvé. Le sang répandu signifie la mort du classicisme et ouvre la voie au romantisme. Soumet prolonge et accentue la paradoxale vision d’un être sanguinaire et sensible, qui tue pour être libre de s’adonner à sa passion de la scène. C’est ce qu’a bien saisi Marceau qui montre un artiste brimé qui assassine pour compenser ses faiblesses artistiques. A l’inverse, pour Hubay, le crime est l’art théâtral par excellence car il métaphorise la mort de l’esthétique précédente. Le dramaturge hongrois invente un Néron comique. Par ses crimes, le dictateur dramaturge crée la modernité. Il incarne métaphoriquement l’œuvre théâtrale. Il est l’Artiste dramatique qui transmute l’horreur du monde en beauté et sa victime innocente se transcende en objet esthétique. L’artiste tyran assassine par métaphore les conventions arides à respecter, toujours en quête de sensations nouvelles, d’émotions esthétiques à la fois coupables et ensorcelantes. Le meurtre néronien est quête de l’ailleurs esthétique, plasticage plastique des normes, redéfinition de l’œuvre, déflagration, incendie, fureur, mot.

  • Titre traduit

    Nero’s image on stage : dramaturgical, moral and political studies


  • Résumé

    From Roman History, Nero calls attention to him because he both symbolizes the top of the criminal figures and the highest slaughtering actor. This opposition is drawned by all the playwrights from Pseudo-Seneca till Racine who casts the last portrait of the Roman murderer in the climax of the French classicism. However, the Italian poet Alfieri contests this idea. He draws a threatened, distrusted and frightened imperator. To continue this thought, the French Revolution shows on stage Nero’s death. With Legouvé, the dangerous artist commits suicide on stage. The blood, which droops over the scene, translates the end of the French classicism and the beginning of a new area : romanticism. Soumet finishes Britannicus describing a Nero fond of Greek plays. The matricide is set to music and dances by the bombastic murder. Killing his mother is a lyrical party. Nero the bloodthirsty practices playing as well as slaughtering. The decay ! of, Nero’s picture provides a real comic vision of beheading. Marceau looks at the master of offences as a dangerous fool : his jokes are pitiful. In the opposite, Hubay succeeds in painting a hilarious despot : the cleverest performer of the Roman world. He uses to entertain the audience by “kil-ling jokes” ! He brilliantly turns death to performance. To conclude, Nero’s image is reversed. He becomes a comical dictator.


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