Les  »gens du voyage », une catégorie problématique de l'action publique : analyse socio-historique et ethnographique d'une catégorie, de ses enjeux et effets

par Bernard Pluchon

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Véronique Guienne.

Soutenue en 2009

à Nantes .


  • Résumé

    Dans cette thèse nous décrivons le processus de construction d’une catégorie d’action publique et analysons les effets de son utilisation pour ceux qu'elle désigne comme « gens du voyage ». Partant du constat de la confusion persistante autour de l’appellation et de la caractérisation de cette population dans un cadre d'action publique, nous formulons l’hypothèse que leur mise à l’écart du débat politique public est liée avec la manière dont la « question » des « gens du voyage » est considérée par les politiques publiques. Nous prenons également le parti de réfuter toute synonymie entre les termes, Tsiganes et Gens du voyage. La première partie de la thèse, par l'analyse socio-historique des documents législatifs et administratifs, retrace les étapes de cette construction. La deuxième partie, centrée sur des observations de terrain, étudie la mise en oeuvre locale des politiques publiques et les pratiques des agents et des acteurs. Ces analyses mettent en relief les fondements d'une catégorisation établie sur des critères privatifs (sans domicile fixe, sans activité salariée ou formelle, habitat hors norme. . . ) et sur des amalgames (extranéité/étrangeté, culture/délinquance, caravane/pauvreté, sdf/activité informelle. . . ) toujours disqualifiants. En outre, les définitions proposées en fonction de la réactualisation des agendas politiques ne disent pas exactement qui sont les « gens du voyage ». Les stéréotypes hérités du passé et la difficulté à fixer des critères stables et partagés apparaissent comme les principales raisons d'une confusion qui a pour conséquence majeure d'écarter les « gens du voyage » de presque tous les champs de la vie sociale et du débat public.

  • Titre traduit

     »Gens du voyage » a problematic category of the action of public authorities


  • Résumé

    In this thesis we describe the process of construction of a public action category and analyse the effects of its use for those whom it designates as « gens du voyage ». On the basis of persistent confusion around the name and the characterization of this population within the framework of the action of public authorities, we formulate the assumption that their exclusion from the general political debate is dependent on the way in which the question of the « gens du voyage » is considered within public policies. We also take the position of refuting any synonymy between the terms, « Tsiganes » and « Gens du voyage ».


  • Résumé

    The first part of the thesis, with the social-historical analysis of the legislative and administrative documents, recalls the stages of this construction. The second part, based on field observation, studies the local implementation of the public policies and practices of the agents and actors (for instance NGO, citizen or « gens du voyage » themselves). These analyses highlight the bases of one categorization established on privative criteria (homeless, unpaid or informal activity, non-standard housing. . . ) and on the ever disqualifying amalgams (extraneity/strangeness, culture/delinquency, caravan/poverty, homeless/informal activity. . . ). Moreover, the definitions suggested according to the reactualization of political agendas do not say exactly who the « gens du voyage » are. The stereotypes inherited from the past and the difficulty of fixing stable and shared criteria appear as being the main reasons for this confusion which has a major consequence that is of setting aside the « gens du voyage » from almost all the fields of social life and public debate.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (386 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 295-304. Index

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