La politique de traitement du décrochage scolaire : le cas de la mission générale d'insertion de l'Education nationale

par Pierre-Yves Bernard

Thèse de doctorat en Sciences de l'éducation

Sous la direction de Christophe Michaut.

Soutenue en 2009

à Nantes .


  • Résumé

    Des politiques éducatives se sont construites en réponse au problème du décrochage scolaire, pour développer des actions en direction des jeunes quittant ou risquant de quitter prématurément le système éducatif. Cette thèse vise à analyser la place singulière du traitement du décrochage scolaire dans la politique éducative française, ainsi que les effets de cette politique pour les jeunes. Elle s’appuie sur une enquête de terrain auprès des responsables académiques d’une Mission générale d’insertion (MGI), et auprès de jeunes passés par ce dispositif. Pour comprendre la construction de cette forme d’action, on mobilise un cadre théorique institutionnaliste, en considérant que le système scolaire s’inscrit dans une configuration sociétale, et en analysant les justifications de l’action à partir de principes stables, appelés conventions, qui orientent la politique éducative. En France, le traitement du décrochage scolaire s’impose difficilement dans une configuration sociétale dominée par la convention éducative académique, qui privilégie la compétition entre individus sur la base de compétences scolaires, ce qui explique la relative marginalisation de ce dispositif et sa faible intégration à l’intérieur des établissements. La MGI, au même titre que d’autres dispositifs d’insertion, vise à infléchir les principes d’action dans le sens d’une convention professionnelle, c'est-à-dire d’un rapprochement entre formation et emploi. Toutefois, son action effective sur le terrain porte plutôt sur le raccrochage en formation, et l’accès à la certification. Sur ces deux objectifs, la MGI a un effet positif, sauf pour les jeunes les moins qualifiés scolairement.

  • Titre traduit

    The policy to dropout treatment, the case of the Mission générale d'insertion


  • Résumé

    Some education policies are structured in response to the dropping-out problem, in order to develop actions towards early-school leavers, or youth at risk of early-school leaving. This thesis aims to analyse the unusual position of the dropping-out treatment in the French education policy, and the effects of this policy for the youth. It is based on a field survey of local managers of a Mission générale d’insertion (MGI), and about young dropouts who undergo the MGI programs. In order to understand the construction of this form of policy, an institutionalist theoretical frame is used, considering that the school system is embedded in a societal pattern, and analysing the justification of social action based on stable principles, called conventions. These conventions direct education policy in a certain way. In France, the battle against dropping-out is not obvious, because of the domination of the academic convention, in which students are competing for academic achievement. This explains the marginal position of the MGI in the French school system, and their difficult integration within the schools themselves. The MGI aims to orientate educational principles toward a relationship between training and the labour market, as others youth school-to-work programs, according to a vocational convention. Nevertheless, its real action is bring ing dropouts back to school, and access to certification. The MGI has a positive effect on both these goals, to the exception of academically disadvantaged students.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (492 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 423-439

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  • Non disponible pour le PEB
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