Madame Bovary est une machine

par Eric Zavenne Paré

Thèse de doctorat en Langues et littératures françaises

Sous la direction de Jean-Marie Privat.

Soutenue en 2009

à Metz .


  • Résumé

    Partant du principe qu'une machine ne sait pas qu'elle est une machine et du présupposé selon lequel un robot n'a pas de conscience, ce travail étudie le parallèle entre la fabrication des créatures de roman et la fabrication des machines. Parmi ces figures, Madame Bovary est un archétype. Comme tout autre machine, Emma Bovary ne sait pas qu'elle en est une. Emma est une machine à texte, elle est faite de livres. Pourtant, elle ne peut pas avoir lu Madame Bovary. Parce qu'Emma n'est pas consciente qu’elle est l'appareil de Flaubert, nous l'avons rapproché des fonctionnements et des disfonctionnements du Monstre de Frankenstein, encore écervelé avant l'épiphanie des livres qu'il découvre au creux d'un chemin. Après avoir défini les enjeux stratégiques de ses lectures, Emma est présentée comme une machine homéostatique, d'une part du point de vue de la thermodynamique, et d'autre part, du point de vue de l'entropie, une résultante du bovarysme, causée par les distorsions entre la vie et la lecture. Dans un premier temps Emma perçoit, puis ressent, par les feedbacks de ses lectures. Elle se transforme alors en une mécanique à émotions, gouvernée par son bovarysme. Ce sentiment renvoie à toutes ses perceptions et ses appétits. Par ses désirs, Emma démontre une capacité à comparer et à se projeter, formulant les prémices d'une conscience autobiographique. De la même manière qu'il représente l'inconscient social à partir d'automates déambulatoires, tels la figure du pied-bot ou de l'aveugle, Flaubert réussit à induire une idée de conscience dans sa créature machine

  • Titre traduit

    Madame Bovary is a machine


  • Résumé

    According to the fact that a machine does not know that it is a machine, and to the supposition that a robot has no conscience, this work explores parallels between the creation of the characters of a novel and the fabrication of machines. Among these figures, Madame Bovary is an archetype. Like any other machine, Emma Bovary does not know that she is one. Emma is machine created from text. She is made from the stuff of books. However, she could not have read the book Madame Bovary. Because Emma is not aware that she is a device of Flaubert, there are some similarities between her and the functions and malfunctions of the Monster of Frankenstein that didn't have a conscience until the moment of epiphany with the books he discovered in the woods.  After the definition of the strategic challenges of her readings, Emma is presented as a homeostatic machine, first from the viewpoint of thermodynamics, and secondly from the viewpoint of entropy, a result of the bovarysme caused by distortions between life and reading. Emma's perceptions and feelings depend of the feedback of her readings. She becomes an emotional device, governed by her bovarysme. This feeling is present in all her perceptions and her appetites. Through her desires, Emma demonstrates an ability to compare and project herself, formulating the beginnings of an autobiographical conscience. In the same way as he represents social unconsciousness with ambulatory automatons such as the figure of the club-footed Hippolyte or the blind man, Flaubert is able to induce an idea of consciousness in his machine-creature

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