Écrire l’histoire : figures du pouvoir dans l’œuvre historique de Voltaire

par Myrtille Méricam-Bourdet

Thèse de doctorat en Lettres et arts

Sous la direction de Catherine Volpilhac-Auger.

Le président du jury était Pierre Frantz.

Le jury était composé de Olga Penke, Olivier Ferret, Rolando Minuti.


  • Résumé

    Bien qu’elle participe à une redéfinition de la pratique historiographique à l’Âge classique, l’œuvre historique de Voltaire a été peu étudiée. On s’est peu interrogé sur l’art de l’historien, et on a souvent résumé la conception de l’histoire et de la politique qui s’y exprime au rôle majeur joué par les « grands hommes ». Notre étude met à l’épreuve une telle conception et fait valoir la complexité de la lecture voltairienne de l’histoire, tant dans les ouvrages circonscrits à un règne que dans son histoire universelle, l’Essai sur les mœurs. Face aux apories des systèmes politiques élaborés par ses contemporains, et que Voltaire dénonce, l’écriture de l’histoire est le lieu privilégié où se déploie une conception réfléchie du pouvoir et des enjeux du politique. S’il est indéniable que Voltaire n’en propose pas de théorisation systématique, sa compréhension des ressorts du déroulement historique et l’interprétation qu’il en donne reposent sur un ensemble de principes relativement cohérents, tant du point de vue de l’appréciation des fondements du pouvoir – si importants au regard des enjeux de légitimation portés par l’écriture de l’histoire –, que de ses réalisations. L’œuvre historique ne s’intéresse ainsi pas seulement à l’action de quelques souverains ; elle prend aussi en compte l’action collective des peuples, et porte attention aux mutations des rapports de pouvoir qui infléchissent les politiques contemporaines. L’œuvre est alors en prise avec une actualité politique et polémique qui confère à l’écriture de l’histoire une tonalité spécifique, et qui conduit à s’interroger sur la délimitation même de ce qu’est le corpus voltairien des œuvres historiques.

  • Titre traduit

    Writing history : representations of power in Voltaire’s historical work


  • Résumé

    Although the historical work of Voltaire takes part in a redefinition of Enlightenment historiography, the art of the historian or his conception of history have been little studied so far. His political view in his historical work has often been reduced to his praise of ‘great men’ and of their action in history. Our study puts this interpretation to the test and highlights the complexity of Voltaire’s reading of history, either in his works dealing with a single reign, or in his universal history, the Essay on the Manners. In order to face the shortcomings of the contemporary political systems, Voltaire uses history writing as a way to express considered conceptions of power and political issues. Voltaire does not expound a systematic theory of political facts; nonetheless, his understanding of historical progress relies on a coherent set of principles. Our study examines his appreciation of power and politics, of theirs foundations – where issues of legitimizing, so important in history writing, are at stake –, and of their achievements. The historical work does not exclusively focus on the action of a few monarchs; it takes also into account the collective action of peoples, and turns its attention to transformations which affect the balance of power and contemporary policies. Then, the work is in touch with current affairs and burning issues, which gives to history writing specific characteristics, and in particular a polemical tone. But it leads also to question the limits of his historical work as well as its definition.

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