Les zones franches et la stratégie d’insertion des investisseurs étrangers dans les pays en développement : le cas des zones économiques spéciales cambodgiennes

par Samouth Neb

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de Gérard Klotz.

Soutenue le 10-07-2009

à Lyon 2, dans le cadre de Sciences economiques et de gestion, en partenariat avec Triangle (laboratoire) .

Le président du jury était Claude Gnos.

Le jury était composé de Jean-Jacques Paul, Emmanuel Blanc, François Vellas.


  • Résumé

    Les zones franches illustrent de manière remarquable l’ouverture du monde aux échanges internationaux, comme en témoigne leur multiplication au cours des quatre dernières décennies. La zone franche n’est pas un phénomène statique, mais dynamique. Dynamique dans le sens où ses activités sont passées d’activités intensives en travail à celles plus sophistiquées de la technologie. Leur développement est classé en 4 générations : la 1ère génération (zones franches commerciales), la 2ème génération (zones franches industrielles et zones économiques spéciales), la 3ème génération (zones franches de service) et la 4ème génération (zones franches scientifiques). Basé sur le critère de performance en termes d’exportations et d’emplois, on peut classer les pays en quatre groupes selon le niveau de développement de leur zone franche. Les zones franches sont fortement concentrées dans les deux premiers groupes à savoir : les pays asiatiques (du Sud et du Sud-Est) et les grands pays d’Amérique latines (le Mexique). En effet, les plus importantes et les plus nombreuses sont implantées dans les pays où il existe une forte dynamique industrielle, là où se concentrent les trafics et où se déploient les stratégies des firmes étrangères. Plusieurs formes de firmes sont en effet présentes dans la zone franche : les sociétés entièrement étrangères, les sociétés conjointes (Joint-Venture). Les firmes des zones franches peuvent être une usine d’assemblage, une usine-atelier ou une usine intégrée pour fournir les produits à leur maison- mère dans certain cas. Dans d’autre elles vendent leurs produits aux autres entreprises ou grands distributeurs en tant que firmes indépendantes (sous-traitance). En effet, les firmes étrangères qui s’y trouvent installées ont un comportement stratégique vertical ou global.Il n’est pas étonnant que les zones franches de la 2ème génération soient créées au Cambodge où le démarrage du développement industriel est juste entamé. L’objectif du gouvernement est d’exploiter les avantages comparatifs (naturels et artificiels), d’étendre les échanges régionaux et mondiaux. Aussi, l’établissement des zones économiques spéciales marque vraiment un engagement du gouvernement royal du Cambodge dans le développement de son pays par l’industrialisation d’extraversion : les industries exportatrices sont privilégiées. Deux types d’avantages sont mis en place au Cambodge : Les avantages « hors coût » : Facilité de l’accès aux marchés internationaux (surtout le marché américain, européen et canadien), bénéfice du label social de leurs produits et aussi les effets des accords préférentiels commerciaux sont considérées comme un des éléments très attractif des investisseurs étrangers. Le deuxième est les avantages « coût » à caractère naturel (l’abondance d’offre de main d’œuvre à bon marché) et artificiel (meilleure mesure d’incitations, politique d’attractivité). Fondé sur ces avantages, les ZES cambodgiennes peuvent être développées en trois phases : Phase initiale : Usine d’assemblages, Phase intermédiaire : Usine de production, Phase finale : Usine totalement intégrée. Dans ce sens, les ZES cambodgiennes, étant en complémentarité avec les zones franches de la région asiatique du Sud-Est, semblent être un lieu privilégié de l’implantation des firmes à activité intensive en travail : le textile, l’habillement et l’électronique.

  • Titre traduit

    Free trade zones and foreign firms’ strategy in developing countries : the case of Cambodian special economic zones


  • Résumé

    Free zones are a striking illustration of the opening of the world to the international trade. In the last four decades, tremendously increased, Free zones are not static phenomenon, but dynamic ones. The dynamic is in the sense of which their industrial activities are started from labor intensive industry to the most sophisticated activities. We propose a classification of free zones into four generations: 1st generation (free trade zones), 2nd generation (export processing zones and special economic zones), 3rd generation (services based zones) and 4th generation (science-based zones). Based on performance criteria in term of exportation and employment, four groups of countries were classified to design the level of development of free zones. The first two groups of countries, such as the Est and the South-Est Asian countries and Latin American countries, are considered as the most dynamic countries in term of free zones’ development. In fact, the most important zone is located in the countries where there are a strong industrial dynamics with participating actively to the international trade and to foreign firms’ strategy. Having invested in free zones, enterprises are totally foreign firms or Joint- venture. In this regard, firms installed in free zones could be: assembled factory, production factory, totally integrated factory. These firms aimed to supply the product to parent company or to sell the product to another enterprises or distribution companies as they are outsourcing. In this case, the firm’s strategic behaviors are considered as “verticals” or “global”. It’s not surprising that the free zones of 2nd generation are established in Cambodia at the stage of industrial development. The objective of the Royal Government of Cambodia is to exploit efficiently its comparative advantages (natural and artificial ones) and to catch its opportunities to the regional and global trade. Thus, the establishment of special economic zones (SEZ) shows the commitment of the government in the process of the export-led industrialization in Cambodia. The Cambodian SEZ provides two kinds of advantages : The non Cost advantages includes international market privileged access (to American and European market), the benefit of social label of Cambodian manufactured products and others Cambodian preferential trade agreements, which are considered as the most attractive factors of foreign direct investment to Cambodian SEZ. The Cost Advantages has a natural caracteristic (the abundance of labor forces at low cost) and artificial (better incentive measures and attractive policy). Based on theses advantages, the Cambodian SEZ could be developed in three phases: initial phase (assembly factory), second phase (production factory) and finally the third phase (totally integrated factory). In this context, the Cambodian SEZ could, at a complementary position with free zones of the South-East Asian region, be a privileged location of the labor intensive industries- textile, garments and electronic industry.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Où se trouve cette thèse ?

Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.