Des fantômes dans la voix : une hypothèse neuropsychanalytique sur la structure de l’inconscient

par Ariane Bazan

Thèse de doctorat en Psychologie (psychopathologie et psychologie clinique)

Sous la direction de René Roussillon.

Le président du jury était Alain Ferrant.

Le jury était composé de Nicolas Georgieff, Sylvain Missonnier, Yves Rossetti, Howard Shevrin, Gertrudis Van de Vijver.


  • Résumé

    Ce travail dans le domaine de la « neuropsychanalyse » propose une spéculation théorique sur la structure physiologique de l’inconscient psychanalytique en recoupant les observations expérimentales et cliniques des deux cadres. L’écoute clinique indique une insistance de phonèmes récurrents dans ce qui fait conflit, appelés « phonèmes fantômes ». En effet, tel un membre fantôme, le signifiant refoulé est investi d’une intention mais son articulation est bloquée. Or, du fait de la structure ambiguë du langage, un même mouvement d’articulation peut radicalement changer de signification. C’est ce mécanisme qui donne lieu au retour du refoulé dans le signifiant et permet la survie de fantômes phonémiques qui tisseraient la structure linguistique de l’inconscient. Cette question du signifiant est présentée en écho à une question plus fondamentale, celle de l’émergence du psychique en réponse à la contrainte de l’organisme de faire la distinction entre intérieur et extérieur. Pour cette distinction, il faut supposer l’existence d’un système d’inhibition ciblé puisqu’il doit faire ressortir précisément ce qui dans la façon d’appréhender le monde extérieur n’a pas été anticipé. Cette précision est offerte par le modèle sensorimoteur des copies d’efférence, qui présentifie le mouvement avant qu’il ne se fasse et montre comment l’inhibition est condition de la représentation, constitutif du psychique. Pour l’humain la nécessité de la distinction intérieur-extérieur est impérieuse du fait précisément du langage qui rend complexe l’identification du lieu d’où ça parle. Elle mène au mouvement de refoulement, qui par inhibition fait apparaitre les fantômes phonèmiques comme les représentations en négatif des fragments de paroles refoulés. Cette réflexion théorique est précédée d’une mise en contexte élaborée dans l’histoire et l’épistémologique parfois controversée de la neuropsychanalyse et revendique pour sa méthodologie une approche transcendantale.

  • Titre traduit

    Phantoms in the voice : a neuropsychoanalytic hypothesis on the structure of the unconscious


  • Résumé

    This study in the domain of « neuropsychoanalysis » proposes a theoretical speculation on the physiological structure of the psychoanalytic unconscious by cross-checking the experimental and clinical observations from both domains. Clinical listening indicates the insistence of recurring phonemes when it comes to conflictual topics, called “phonemic phantoms”. Indeed, as is the case in a phantom limb, the repressed signifier is invested by an intention while its articulation is blocked. However, due to the ambiguous structure of language, a same articulation movement can radically change signification. It is this mechanism that causes the return of the repressed in the signifier and allows for the survival of phonemic phantoms which are thought to weave the linguistic structure of the unconscious. The question of the signifier is presented as an instantiation of a more fundamental question, the emergence of the psychic realm in response to the constraint of the organism to distinguish interior from exterior. For this distinction, the existence of an accurate system of inhibition must be postulated since it has to be able to delineate precisely what in the way of apprehending the world was not anticipated by the organism. This precision is allowed by the sensorimotor model of efference copies, which presentifies the movement before its realisation and shows how inhibition is a condition for representation. For humans, the necessity of the interior-exterior distinction is imperious due to language which renders complex the identification of the locus from where speech is initiated (from where “id” speaks). This necessity leads to the movement of repression, which by inhibition induces phonemic phantoms in the form of negative representations of repressed speech. This work is preceded by an introduction which contextualises the theoretical reflexion in the sometimes controversial history and epistemology of neuropsychoanalysis and which claims a transcendental approach for its methodology.


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