La communication dans le syndrome d’Asperger

par Coralie Chevallier

Thèse de doctorat en Sciences cognitives

Sous la direction de Ira A. Noveck et de Deirdre Wilson.

Soutenue le 19-01-2009

à Lyon 2 en cotutelle avec l'University College (Londres) , dans le cadre de Neurosciences sensorielles, comportement et cognition , Lyon , en partenariat avec Laboratoire Langage Cerveau Cognition - L2C2 (laboratoire) .

Le président du jury était Harriet Jisa.

Le jury était composé de Catherine Barthélémy, Frédérique de Vignemont, Luca Surian.


  • Résumé

    Communiquer efficacement nécessite de produire une multitude d’inférences pragmatiques. Celles-ci reposent sur la capacité à prendre en compte un grand nombre d’indices, tels que le contexte ou l’état mental et physique du locuteur. Dans le cas du langage oral, l’interlocuteur s’appuie également sur les indices prosodiques. Ainsi, une prosodie enthousiaste associée à l’énoncé « Excellent. » aidera un interlocuteur à inférer que le locuteur est content tandis qu’une intonation plate le conduira au contraire à penser qu’il était ironique. Ces situations peuvent être particulièrement délicates pour les patients atteints d’un Trouble du Spectre Autistique (TSA) qui éprouvent des difficultés pour reconnaître et interpréter les états mentaux d’autrui. Nous prédisons donc que l’interprétation des indices prosodiques est délicate dans les TSA. Cependant, tous les aspects de l’interprétation prosodique ne requièrent pas d’attribuer des états mentaux. Par exemple, la distinction entre « PREsent » et « preSENT » (en anglais) est basée sur une simple connaissance du lexique, indépendante des pensées du locuteur. Dans ce travail, j’explore différents aspects de la prosodie afin de déterminer si les personnes avec un TSA sont spécifiquement atteintes dans leur capacité à comprendre les signaux prosodiques reposant sur la compréhension des intentions du locuteur. Je présente une série de travaux traitant de la prosodie grammaticale (Article 1), de la transmission accidentelle d’informations (Article 2), de l’accent contrastif (Articles 3 et 4), et de l’identification des états mentaux du locuteur (Article 5). Les résultats présentés dans ces travaux me conduisent ensuite à discuter des questions plus générales concernant la Théorie de l’Esprit (Article 6) et à proposer une explication alternative des déficits sociaux observés dans les TSA (Article 7).

  • Titre traduit

    Communication in the Asperger's syndrom


  • Résumé

    Efficient communication requires a great deal of pragmatic inferencing. This is rooted in the ability to take into account a variety of cues, such as the context and the speaker’s mental or emotional states. Crucially, in spoken language, hearers can also rely on prosodic cues. For instance, if someone utters “That was brilliant”, using an enthusiastic prosody, this will help the hearer to decipher that the speaker is happy. In contrast, if the speaker’s comment is uttered in a deadpan tone of voice, she will be thought to be ironical. These situations can be especially challenging for people with an Autism Spectrum Disorder. Indeed, these individuals have well-known difficulties in recognising and interpreting others’ mental states. This leads to the prediction that interpreting prosodic cues should be problematic in ASDs. However, not all aspects of prosodic interpretation involve mental states attribution. For instance, differentiating “PREsent” from “preSENT” merely requires one to be aware of the fact that these words stand for different things, without needing to attribute any particular thoughts to the speaker. In this work, I explore the various components of prosody and assess whether people with an ASD are specifically impaired in interpreting prosodic cues that rely on the understanding of the speaker’s intentions. I present a series of papers focusing on grammatical prosody (Paper 1), accidental information transmission (Paper 2), contrastive stress (Papers 3 and 4), and identification of the speaker’s attitude and emotional state (Paper 5). The results presented in these papers then lead me to address more general questions concerning Theory of Mind (Paper 6) and to discuss the possible origins of the social impairments found in ASDs (Paper 7).

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe

Informations

  • Détails : 1 vol. (291 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 264-290

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Lumière. Service commun de la documentation. Bibliothèque Chevreul.
  • Non disponible pour le PEB
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.