"My single self" : paradoxes du singulier dans All's well that ends well, Hamlet, Julius Caesar, Measure for Measure et Troilus and Cressida de William Shakespeare

par Laurence Crohem

Thèse de doctorat en Littérature anglaise

Sous la direction de Jean-Claude Dupas.

Le président du jury était Michel Crubellier.

Le jury était composé de Jean-Claude Dupas.

Les rapporteurs étaient Line Cottegnies, Marie-Dominique Garnier.


  • Résumé

    Chacun est-il unique ? Cinq pièces de Shakespeare parfois appelées problem plays - All's well that Ends Well, Hamlet, Julius Caesar, Measure for Measure et Troilus and Cressida - problématisent le singulier ou l'unicité de soi, un aspect de la question du sujet à l'ère pré-moderne. L'unicité est en crise dans ces pièces : l'analyse des substitutions dans l'action, l'amour et la mort montre l'absence et le surgissement des doubles au lieu des preuves d'unicité attendues. Celle des scènes de perception du singulier et d'énonciation de soi dans les dialogues ou monologues montre la confusion identitaire : le soi unique vacille et s'efface devant les doubles. La crise de l'unicité est aussi une crise du rapport à l'espace social et intérieur et à la temporalité. Les sujets se diluent dans la communauté et peinent à tracer des frontières entre eux-mêmes et les autres. Les plis censés révéler un espace intime découvrent un lieu paradoxal. Les effets de perspective déplacent le personnage qui regarde et qui n'a pas de lieu propre alors que le retour du politique restaure la fixité des places. Les sujets désirent s'inscrire dans une linéarité temporelle qui est déconstruite par les répétitions. Ils n'élaborent pas une histoire linéaire propre mais s'énoncent comme traces de ce qui n'a pas eu lieu et inventent un présent impossible. Il n'y a pas de temps pour soi : Hamlet, jouet d'une action sans agent et d'une durée qui le dépasse, vit et meurt la vie et la mort des autres dans le temps des autres. La dramaturgie de l'espace et du temps dans les problem plays s'avère liée aux paradoxes du singulier qui interrogent la relation entre soi-même et l'autre et à l'autre en soi-même.

  • Titre traduit

    "My single self" : paradoxes of singularity in All's well that ends well, Hamlet, Julius Caesar, Measure for Measure and Troilus and Cressida by William Shakespeare


  • Résumé

    Is every human being unique ? Five Shakespeare plays sometimes labelled problem plays - All's well that Ends Well, Hamlet, Julius Caesar Measure for Measure and Troilus and Cressida - raise the issue of the singularity or uniqueness of the self, one aspect of the question of the subject in the early modern age. Uniqueness is in crisis in these plays : the study of the substitutions in action, love and death shows the absence of the self and the emergence of doubles instead of the expected proofs of uniqueness. This study of the scenes of perception of singularity and of self-speaking in the dialogues or soliloquies shows confused identities : the unique self flickers and is superseded by doubles. The crisis of uniqueness also questions the link to social and inner space and to temporality. The subjects dissolve into the community and fail to draw borders between themselves and others. The veils supposed to unveil an intimate space uncover a place of paradox. Perspective effects displace the watching character, who is then deprived of a proper place, and the return of the political reestablishes set places. The subjects wish to engage in a linear time which is deconstructed by repetitions. They do no build a proper linear history but present themselves as traces of events that did not happen and make up an impossible present. There is no time for oneself : Hamlet, the victim of agentless action and of unmastered duration, lives and dies the lives and deaths of others in the time of others. The dramatic art of space and time in the problem plays is linked to the paradoxes of singularity that question the relationship between oneself and the other and to the other in oneself.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol.(XIII-565 f.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliographie f. [533]-555. Index. Notes bibliographiques

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Université de Lille. Service commun de la documentation. Bibliothèque universitaire de Sciences Humaines et Sociales.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : 50.377-2009-23
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.