Evaluation de l'immunothérapie locale par anticorps monoclonal anti-CD20 pour le traitement du lymphome primitif cérébral et intraoculaire dans un modèle murin immunocompétent

par Jean-François Minéo

Thèse de doctorat en Neurochirurgie

Sous la direction de Pierre Labalette.

Soutenue en 2009

à Lille 2 .


  • Résumé

    Le lymphome primitif du système nerveux central (LPSNC) est une tumeur agressive qui représente 1 à 4% des tumeurs cérébrales primitives. Il s'agit d'une tumeur rare dont les présentations cliniques et radiologiques sont variées rendant son diagnostic difficile. Le LPSNC est une forme agressive de LMNH B, son pronostic est plus sévère que celui des autres localisations extra nodales de lymphomes alors que leurs caractéristiques histologiques sont similaires, concernant notamment l'expression d'un marqueur B spécifique (le CD20) retrouvé dans 95% des cas. Le LPSNC atteint de manière combinée ou isolée plusieurs structures qui sont les méninges, le parenchyme cérébral, la moelle épinière ou l'oeil. La localisation purement oculaire de la maladie est dénommée Lymphome Primitif Intra Oculaire (LPIO). L'incidence du LPIO est difficile à estimer mais l'atteinte oculaire est d'emblée présente chez 10 à 25% des patients en cas de LPSNC et 50 à 80% des patients porteurs de LPIO développent une atteinte du SNC. L'incidence du LPSNC a plus que triplé ces dernières décades. Le pronostic vital des patients atteints de ce type de lymphome s'est amélioré avec la réalisation de chimiothérapies type CHOP associées à une radiothérapie. Néanmoins le pronostic reste péjoratif avec une médiane de survie de 2 à 4 ans selon les études au prix d'une morbidité conséquente notamment chez les sujets âgés. Le Rituximab (RTX) est un anticorps monoclonal anti-CD20 produit par génie génétique (fusion des portions constantes d'immunoglobuline humaine et d'une portion variable d'anticorps murin anti CD20). La fixation du RTX sur sa cible entraîne une déplétion systémique en lymphocytes B et une action sur les cellules tumorales qui est principalement due à l'activation de la lyse complément dépendante (CDC), il existe également plus modestement une action directe avec induction d'apoptose et une cytotoxicité médiée par les anticorps (ADCC). Le traitement conjoint par chimiothérapie et anticorps monoclonal est devenu le standart de référence dans la prise en charge des hémopathies malignes B. Utilisée par voie intraveineuse, cette association n'a pas amélioré le pronostic des LPSNC, certainement en raison d'une mauvaise pénétration des anticorps dans le SNC (masse moléculaire élevée). En alternative à cette administration systémique, la voie locale pourrait permettre d'obtenir in situ une concentration d'anticorps élevée qui serait alors suffisante pour produire un effet thérapeutique. C'est à cette fin que nous avons décidé d'élaborer un modèle animal de LPSNC. Nous avons choisi d'implanter des cellules tumorales d'une souris immunocompétente (C3H/HeN). Deux lignées lymphomateuses ont été utilisées : la lignée 38C13 native et son variant transfecté pour le CD20 humain (38C13CD20+). Pour assurer la pertinence des modèles, le profil d'expression antigénique CD20 de la lignée transfectée a été comparé en cytométrie en flux à celui de deux lignées lymphomateuses humaines. Pour calquer au mieux les tableaux rencontrés dans la pathologie clinique, trois modèles lymphomateux ont été mis au point: LPSNC par injection ce cellules lymphomateuses dans le parenchyme cérébral en conditions stéréotaxiques, LPIO par injections dans le vitré et enfin méningite lymphomateuse par injections dans le LCR intraventriculaire en conditions stéréotaxiques. Après validation des techniques d'injections, des cinétiques de survie ont été réalisées avec la lignée native ou CD20+ pour chaque modèle. Après avoir vérifié l'absence de fixation de fixation non spécifique du RTX sur les cellules cibles, des injections répétées de RTX ont été réalisées dans l'oeil, le parenchyme cérébral ou le LCR ventriculaire en fonction des implantations tumorales préalables. Un anticorps témoin irrelevant était utilisé pour les injections contrôles. Ces expérimentations ont montré une efficacité significative du RTX injecté localement en monothérapie pour traiter le LPSNC comme les formes oculaire ou méningée. La réponse thérapeutique étant incomplète, nous avons cherché à optimiser le traitement en y adjoignant une immunomodulation locale. L'oeil et le SNC sont des sites immunologiquement protégés par de multiples mécanismes. Par exemple, dans le SNC et l'oeil, les ganglions lymphatiques sont absents mais il existe des cellules microgliales (ou des cellules de Müller au niveau de la rétine). Il existe dans l'oeil des cellules présentatrices d'antigènes qui sont maintenues immatures ou peu actives par un environnement cytokinique spécifique. Sachant que les oligodesoxynucléotides de synthèse (ODN) sont capables de stimuler ces cellules présentatrices d'antigènes, nous les avons introduits dans notre démarche thérapeutique. Les ODN sont des fragments d'ADN bactérien absents du génome des organismes pluricellulaires qui sont immédiatement reconnus par les acteurs de l'immunité innée comme marqueur d'agression bactérienne, induisant une puissante immunostimulation. Après avoir vérifié la présence du récepteur classique des ODN (TLR9) sur les membranes des cellules microgliales de la souris C3H, nous avons recherché le type d'ODN le plus efficace à l'aide d'expérimentation de modulation de production de cytokines puis nous l'avons injecté (ODN type C) en intra oculaire. Nous avons constaté une inflammation importante, certes potentiellement intéressante dans une stratégie thérapeutique mais également potentiellement délétère pour la fonction rétinienne. Parallèlement, nous avons cherché à améliorer l'action du RTX en y adjoignant du complément sachant d'une part que le mode d'action principal du RTX est une lyse médiée par le complément et d'autre part que le taux de complément dans le SNC est cent fois moindre qu'en systémique. L'utilisation alternative pour nos expérimentation de la lignée native ou CD20+ avec traitement soit par le RTX et sérum ou anticorps irrelevant et sérum a prouvé la synergie entre le RTX et le complément par une diminution de l'incidence des exophtalmies pour le modèle oculaire et une diminution de l'incidence des envahissements arachnoïdiens sur les IRM cérébrales sériées pour le modèle de méningite. Malgré les progrès réalisés dans la compréhension et le traitement du LPSNC/PIOL, cette pathologie reste une affection grave, de pathogénie mal connue et de traitement difficile. Ces modèles permettent de reproduire les différentes formes cliniques qu'elles soit cérébrale, méningée ou oculaire, et ce pour évaluer dans chacune ces conditions particulières les thérapeutiques expérimentales. Ainsi nous avons démontré l'efficacitédu RTX en injection locale pour le traitement du LPSNC et de ses variants oculaires et méningés. L'ajout de sérum, source de complément, permet de renforcer l'efficacité du RTX seul. Les bases scientifiques nous semblent autoriser la conception d'un essai clinique de phase I concernant le traitement par injection intraventriculaire de RTX et de sérum autologue de patients en récidive de LPSNC


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  • Détails : 1 vol. (149 f.)
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  • Annexes : Bibliogr. f. 127-148

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  • Cote : 50.379-2009-12-C
  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire de santé (Paris). Pôle pharmacie, biologie et cosmétologie.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : MFTH 9158
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