Les efforts de préservation de la pensée kabyle aux XVIIIe et XIXe siècles : Textes et contextes

par Younes Adli

Thèse de doctorat en Langue Littérature Sociologie

Sous la direction de Saïd Doumane.

Soutenue en 2009

à Paris, INALCO .


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  • Résumé

    Le présent travail ambitionne de suivre les réflexes de préservation de la pensée kabyle aux XVIIIe et XIXe siècles. Si peu connue et pourtant si typique dans le monde musulman, cette pensée est d'abord présentée à l'intérieur de ses frontières régionales, à travers des corpus religieux, sociopolitique et culturel, et ensuite à l'extérieur, dans de nouveaux espaces comme ceux des villes ou encore de l'émigration, de l'exil et de la déportation. Portée par des hommes de culte, une pensée critique s'affirmera et prônera de véritables réformes à l'intérieur du pays. Sidi M'Hemed Ben-Abderrahmane, le fondateur de l'ordre religieux de la Rahmaniya, optera ainsi pour le retour aux origines pour signifier el-Islab, c'est à dire le réformisme en Islam. Houcine El-Warthilani élargira la critique aux comportements politiques et sociaux, tout en défendant la sainteté locale d'une certaine hégémonie des orientaux. Avec ces deux acteurs religieux, coïncide le moment ou est apparu chez les cheikhs kabyles, le souci d'un islam qui tend à se suffire à lui-même et à échapper à la suprématie spirituelle de l'Orient. Sur le plan sociopolitique, la Kabylie était parvenue à se donner la possibilité d'une gouvernance sans Etat. Cette organisation politique était accompagnée d'un système législatif élaboré au niveau de chaque microcosme villageois et qui a permis aux djemaâ de se doter d'un pouvoir et d'une puissance civile et morale plutôt que militaire et répressive. Sur le plan culturel, la pensée kabyle a promu des valeurs, considérées comme des invariants, à l'exemple de la suprématie du spirituel sur le matériel. De hautes idées philosophiques sont venues s'y greffer, et laânaya, qui garantit la protection de la personne humaine dans les conditions les plus extrêmes, reste un degré d'humanisme que peu de sociétés ont atteint. A l'extérieur, l'épreuve des espaces nouveaux (déstabilisants comme ceux des villes, de l'émigration et de l'exil, et destructeurs comme ceux de la déportation), a permis de démontrer les fondements solides de cette pensée qui a fermement résisté et laissé des traces à partir desquelles la reconstitution de certains de ses éléments reste encore possible. Enfin, la prise en considération du cas kabyle par le mouvement scientifique du XXe siècle puis son introduction dans les sciences sociales, demeure une forme de reconnaissance de cette pensée et de son apport aux études qui se sont penchées sur l'évolution des groupes humains à travers le monde.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (235 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 303-315

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  • Bibliothèque : Bibliothèque universitaire des langues et civilisations (Paris).
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TH.746
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