La justice réparatrice en milieu carcéral : plasiticité d'une fonction et malléabilité d'un concept criminologique

par Christophe Dubois

Thèse de doctorat en Sociologie

Sous la direction de Benoit Bastard et de Claude Macquet.

Soutenue en 2009

à Paris, Institut d'études politiques en cotutelle avec l'Université de Liège .


  • Résumé

    L’étude porte sur la genèse et la mise en œuvre d’un texte de politique pénitentiaire orienté vers l’introduction du concept de justice réparatrice en milieu carcéral. Dans un premier temps, la démarche permet de reconstruire le processus de traduction à travers lequel trois courants d’idées (restorative justice, victimologie et pénologie) ont alimenté la circulaire ministérielle du 4 octobre 2000, en transitant dans plusieurs mondes sociaux (communautés mennonites, associations de travailleurs sociaux, chercheurs en criminologie, militants, élus politiques) via l’action de plusieurs médiateurs. Ensuite, la thèse rend compte des formes d’association concrètes dans lesquelles le concept de justice réparatrice prend forme et touche, finalement, des individus : auteurs, victimes, agents pénitentiaires, associations extérieures, etc. Ces comptes-rendus prennent au sérieux un concept souvent marginalisé par les professionnels de la détention, pour qui la justice réparatrice constitue une « utopie ». L'analyse de quatre établissements pénitentiaires distincts et de nouveaux professionnels – les consultants en justice réparatrice – démontre que la politique pénitentiaire étudiée, bien que floue et portant une valeur – la réparation – perçue comme utopique, permet à de nouveaux acteurs de créer des activités, tout en nouant des partenariats avec des associations extérieures. En outre, on observe la création de lien social dans des univers a priori désocialisants. Dans cette optique, la dernière partie situe les effets de réduction et d’amplification, ainsi que ceux de cadrage et de débordement, consécutifs à la mise en œuvre de la circulaire du 4 octobre 2000.

  • Titre traduit

    Restorative justice in detention : plasticity of a function and malleablity of a criminological concept


  • Résumé

    Through the Ministerial Circular of October 4, 2000, Belgium’s Minister of Justice Marc Verwilghen sought to introduce the notion of “restorative detention” into the penitentiary policy. This decision is a rare and significant example of agenda-setting in the field of penitentiary policy in Belgium. This research first tries to understand the circular’s genesis through the analysis of three currents of thought – restorative justice, victimology, and penology – which have nourished both a research program and a public action program. Then, the study focuses on the concrete forms of association in which the criminological concept of restorative justice takes place and finally reaches individual actors such as offenders, victims, prison guards, external associations… Our empirical observations take seriously the concept of restorative justice which is often marginalized by the professionals of detention. The empirical analysis of four prison districts shows how the penitentiary policy under focus, although fuzzy and resting on a value perceived like utopian (restorative justice), enables new actors to create social activities, while developing partnerships with external associations. . . The last section identifies the effects of reduction and amplification along with those of framing and overflowing that derive from the implementation of the circular of October 4, 2000.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (341 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 302-328

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