Les relations Eglises-Ecole-Etat en Ukraine de 1954 à 2007 : vers une laïcité ukrainienne ?

par Maryana Dymyd

Thèse de doctorat en Sciences religieuses

Sous la direction de Jean-Paul Willaime.


  • Résumé

    En Ukraine, le régime soviétique, dont l’obsession était de sacraliser l’idéologie communiste, s’était fixé comme objectif d’imposer par tous les moyens l’athéisme au sein de la population. De ce fait, la répression fut très sévère en Galicie, province ouest de l’Ukraine très imprégnée de religion, essentiellement gréco-catholique et possédant des particularismes historiques forts. Depuis l’indépendance du pays survenue en 1991, on assiste en Ukraine à une résurgence du fait religieux. Les raisons d’un tel phénomène sont liées à la possibilité recouvrée d’exprimer sa foi, mais la religion s’est imposée également comme un recours pour faire face à la perte générale de repères moraux et sociaux d’une société désorientée. Cependant, une des conséquence marquante de ce phénomène est que, malgré une séparation constitutionnelle, une collusion troublante entre l’Etat et les Eglises ukrainiennes se manifeste depuis lors, jusqu’au sein de l’Ecole, dont le rôle devrait pourtant être de former des citoyens libres et responsables. Il faut dire que l’institution scolaire rassemble en son exemple, les antagonismes d’enjeux concernant l’autonomie du citoyen et sa liberté de conscience face aux aspirations des politiques et des religieux. À cet égard, l’introduction du cours nommé « éthique chrétienne » en est la parfaite illustration. Au-delà de la perception qu’en a le peuple, de ses conséquences sur la formation citoyenne des élèves ainsi que sur le fonctionnement politique de l’Etat, cet état de fait nous conduit à penser qu’un retour effectif à la séparation de toutes ses grandes institutions serait le préalable nécessaire à la rénovation démocratique de l’Ukraine.

  • Titre traduit

    Relationships between Churches-School-State in Ukraine from 1954 to 2007 : towards secularism in Ukraine?


  • Résumé

    In Ukraine, the soviet regime, whose obsession it was to render sacred the communist ideology, established itself the objective to impose by all means atheism to the population. By this fact, the repression was severe in Galicia, the western province of Ukraine where religion was quite present, mainly amongst the greek-catholic population who had strong historic specificities. Since the independence of the country in 1991, Ukraine has witnessed a re-emergence of religiousness. The reasons for such a phenomenon are tied to the regained possibility to express one’s faith, but the religion has imposed itself also a means to confront the overall loss of moral and social landmarks of a disoriented society. However, one of the striking characteristics of this phenomenon is the fact that, even though there is a constitutional separation, a troubling collusion between the Ukrainian State and Churches is manifesting itself as far as the school system, whose role should be to educate free and responsible citizens. It should be said that the School, as an institution, accumulates itself antagonisms regarding the autonomy of the citizen and its free conscience in opposition to the political and religious yearnings. To this regard, the introduction of a class entitled “Christian ethics” is a perfect example. Beyond the perception that the people have of the consequences of the students’ civic education as well as the political functioning of the State, this état de fait conducts us to believe that a return to the separation of all key institutions should be a necessary prerequisite for a democratic renovation of Ukraine.

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  • Détails : 1 vol. (521 f.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 449-472

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  • Cote : DOC 09.12
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