Naissance de la population : nature, raison, pouvoir chez Michel Foucault

par Luca Paltrinieri

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Arnold Ira Davidson et de Michel Senellart.


  • Résumé

    Travailler sur les pistes frayées par Foucault signifie d'abord concevoir son oeuvre comme relevant d'une pratique spécifique de la philosophie, consistant à ouvrir celle-ci constamment à ses "dehors", pour mettre en relation la formation des concepts scientifiques et politiques avec les cadres historiques d'une certaine expérience de la "pensée". Le noyau de l'archéo-généalogie foucaldienne réside dans le rapport de cette pratique philosophique à un certain usage de la construction historique, afin de connaître et déstabiliser notre propre présent. Reprendre la tâche interrompue d'une telle "ontologie historique de nous-même" nous engage à penser les constructions généalogiques comme des machines qui doivent être "testées" sur le terrain historique tout en imposant à l'histoire elle-même une forme particulière. Ainsi la généalogie de l'objet "population", permet à la fois d'éclaircir la spécificité de la lecture foucaldienne de la "biopolitique", et de remettre en discussion certains de ses résultats, hypothèses ou interprétations. D'un côté, il s'agit de combattre la thèse de l'"invention" de la population par un inexistant appareillage scientifique-politique tout puissant, de l'autre, de mettre à jour les rapports de force à l'oeuvre dans la construction et l'émergence de nos concepts politiques et scientifiques, en révélant les événements invisibles et les expériences de pensée qui les sous-tendent. L'émergence du concept de population est ainsi restituée dans une histoire de la gouvernementalité qui culmine au milieu du XVIIIe siècle au moment de la diffusion du mot "population" et de l'affirmation d'un art de gouverner "libéral".

  • Titre traduit

    The birth of population : nature, reason, power in Michel Foucault


  • Résumé

    This research explores the possibility to work in the wake of Foucault's work, conceived it as a certain philosophical practice consisting in constantly opening the field of philosophy to its 'outsides' and connecting the history of a concept with the historical framework of an experience of thought. The core of this archaeological and genealogical method is the relation between philosophical and historical practices and the use of the historical constructions to complete a philosophical task : to reveal and destabilize our present. Thus, to resume the interrupted task of the "historical ontology of ourselves" means considering Foucaldian genealogies as "machines" to be tested on the historical ground, which also involve a specific practice of practice of history. The genealogy of the scientific and political concept of "population" is here considered in an historical-critical perspective : this history can both clarify the specificity of the Foucaldian reading of "biopolitics" and question its results, assumptions and interpretations. Through the historical genealogy of the object "population" I want , on the one hand, to fight the idea that the concept was "invented" by a dominant scientific and political complex and on the other hand to reveal the multiple power relations, events and struggles that underlie its appearence. The emergence of "population" is thus placed within a history of governmentality which culminated in the middle of the eighteenth century, when a liberal governing art became dominant and the word "population" widely used.

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  • Détails : 1 vol. (692 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 659-689. Notes bibliogr.

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  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : THE 147

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