« La fin du monde par la science » : innovations, risques, régulations, de l'inoculation à la machine à vapeur, 1750-1850

par Jean-Baptiste Fressoz

Thèse de doctorat en Histoire et civilisations

Sous la direction de Dominique Pestre.

Soutenue en 2009

à Paris, EHESS .


  • Résumé

    L'objet de ce travail est de poser des jalons pour une histoire de nos sociétés du risque. Il s'agit d'une enquête sur le passé de l'agir technique, sur les manières de le réguler et de le questionner. Trois ordres de questions et de terrains sont abordés : l'émergence du risque pour penser l'inoculation de la petite vérole et son échec à faire advenir un sujet désinhibé, prêt à risquer sa vie pour la sauver. Le succès de la vaccine permet d'étudier les techniques probatoires qui ont assuré l'efficacité de la biopolitique impériale des années 1800. Les dispositifs (botaniques, chimiques, hygiéniques et juridiques) qui permirent l'industrialisation en dépit des plaintes bourgeoises et dans le cadre de la médecine néo-hippocratique qui faisait de l'environnement la cause déterminante de la santé. La norme technique de sécurité, son rôle dans la clôture des controverses technologiques, la légalisation de l'incertitude et la société libérale des années 1820 fondée sur la responsabilité individuelle. Par rapport aux thèses de « la société du risque » et de la postmodernité, j'ai montré que la révolution technoscientifique des années 1800 ne s'est pas faite dans un brouillard d'insouciance. Les sociétés passées n'ont pas choisi de s'allier avec les virus ou la vapeur sans considérer avec effroi les conséquences de leurs décisions ; elles n'ont pas non plus massivement altéré leurs environnements par inadvertance. La confiance n'allait pas de soi et il a fallu produire sur chaque point conflictuel de la modernité, de l'ignorance et/ou de la connaissance désinhibante. Le discours du progrès qui magnifiait la grandeur des buts servait aussi à exorciser l'immensité des inquiétudes.

  • Titre traduit

    "The end of the world by science" : innovation, risk and regulation, from smallpox inoculation to the steam engine, 1750-1850


  • Résumé

    The purpose of this dissertation is to pave the way for a history of risk societies across two centuries. It is an historical inquiry into the ways technological action was questioned and regulated. Three fields are studied: The emergence of risk for thinking upon smallpox inoculation and its failure to create a disinhibited subject, ready to risk his life so as to save it. On the contrary, the rapid success of cowpox vaccine allows us to study the technologies of proof which assured the efficacy of the imperial biopolitics of the 1800s. The power apparatuses (botany, hygiene, new legal regulations) which permitted the development of industrialisation despite the environmental etiologies posited by neo-Hippocratic theories and the general outcry of city dwellers. The emergence and role of safety norms for closing technological controversies, legalizing uncertainty and producing a responsible individual compatible with the liberal society of the 1820s. Ln contradistinction to the risk society and post modernity theses, I show that the technoscientific revolution of the 1800s was not accomplished in a fog of careless modernism. Past societies did not choose to ally with high pressure steam or viruses without considering, with alarm, the far-reaching consequences of their decisions; nor did they alter their environments inadvertently. Confidence was not natural: disinhibiting ignorance (and/or knowledge) had to be produced on every strategic and disputed point of technological modernity. The discourse of progress which magnified the greatness of the goals exorcised the immensity of the fears.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (637 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 585-637. Notes bibliogr.

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  • Cote : TPE 2009-94

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