Al Liamm (1945-1980) : contribution à la construction identitaire des néo-bretonnants d’après-guerre

par Jacques-Yves Mouton

Thèse de doctorat en Breton

Sous la direction de Yves Le Berre.

Soutenue en 2009

à Brest , en partenariat avec Centre de recherche bretonne et celtique (laboratoire) .


  • Résumé

    Au printemps 1946 paraissait le premier numéro d’Al Liamm qui signifie le lien en breton. Ce titre a une valeur hautement symbolique. En effet, cette revue s’était assignée pour but de reprendre le travail culturel entrepris par deux autres revues Gwalarn et Sav disparues dans la tourmente de la guerre : faire du breton l’expression nationale d’un peuple à travers une langue standard et une orthographe unifiée. En un premier temps donc, les jeunes animateurs de la revue battent le rappel des anciens qui ont écrit dans ces revues. Héritière d’un long cheminement commençant à la fin du dix-neuvième siècle avec l’oeuvre des bretonnistes tels de La Villemarqué ou Le Gonidec et se poursuivant avant la seconde guerre mondiale avec le mouvement Gwalarn dirigé par Roparz Hemon, les jeunes protagonistes animés d’une ferveur nationaliste sont en quête de nouvelles valeurs pour construire leur propre identité. Les pays celtes leur offrent une exemplarité maïs aussi les interpellent quant aux erreurs qu’ils ne doivent pas commettre. D’autres pays sont source d’exemple à suivre, tel Israël qui a fait de l’hébreu langue d’état, lui qui était confiné dans les livres sacrés ; l’esprit de ses pionniers enthousiastes qui retournent à la terre au sein des kibboutzim organisés de façon socialiste est sujet d’admiration. Al Liamm devient un bastion de résistance dans le contexte de l’après-guerre. La collaboration avec l’occupant de certains de leurs aînés a rendu suspect toute idée de relance culturelle dans une optique nationaliste alors qu’Al Liamm revendique le fait d’appartenir à une nation bretonne. Depuis les années cinquante, la société rurale bretonne subit de profondes mutations et la langue bretonne est en déclin, le français étant synonyme de modernisation ; les jeunes liammistes sont à contre-courant de cette évolution. Al Liamm forge une littérature moderne en ouvrant ses fenêtres aux autres cultures mondiales dans le but de donner à ce peuple un outil culturel alors que la masse des Bretons l’acquiert dans les écoles françaises. Plus qu’une revue culturelle, Al Liamm devient l’expression d’une micro-société bretonnante dans une perspective d’expansion au sein d’un monde breton en voie de francisation. Le fondement nationaliste de la revue se trouve ébranlé avec les idées portées par Mai 1968. Dans les années soixante-dix, les jeunes gravitant autour d’Al Liamm sont empreints de gauchisme, ce que désapprouvent certains de leurs aînés. Al Liamm leur donne la liberté de s’exprimer et par la même regagne en vigueur. Cette faculté d’adaptation explique la longévité de cette revue.

  • Titre traduit

    Al Liamm (1945-1980) : a contribution to the identity construction of the after war neo Breton Speakers


  • Résumé

    In the 1946 spring the first issue of Al Liamm winch means « the Link» in Breton was published. This title holds a highly symbolic value. In fact, this review aimed at resuming the cultural task undertaken by two other reviews: Gwalarn and Sav which had disappeared in the turmoil of the Second world war, making of the Breton language the national expression of a nation through a standard language and a unified writing. In the first place then, the young protagonists of the review called back those who had written in these two reviews. Inheriting from a long process of thought starting at the end if the nineteenth century with the work of the so-called bretonists such as de La Villemarqué or Le Gonidec and carrying on till the second war world with the Gwalarn movement led by Roparz Hemon, the young animators inflamed by a nationalist faith are looking for new values in order to construct their own identity. The Celtic countries offer them some examples but also suggest them the mistakes they shouldn’t make. Other countries offer examples to follow such as Israël in winch the Hebraic, so far a language kept in holy books, bas become a state language; the spirit of its enthusiastic pioneers toiling the ground and living in the kibboutzim organised on a socialist pattern becomes a matter of admiration. Al Liamm becomes a stronghold of resistance in the context of the after war. The collaboration with the occupation forces operated by some of their elders arouses suspicion regarding any attempt of launching back culture within a nationalist view although Al Liamm claims the fact of belonging to thee Breton nation. Since the fifties, the Breton rural society bas been subject to deep changings and the Breton language is declining whereas French is synonymous with modernization; the young “liammists” are standing against this process. Al Liamm is coining a modem literature by welcoming other world cultures with the view of giving to the Breton people a cultural tool even if the vast majority of the Bretons acquire it in the French schools. More than a simple cultural review, Al Liamm becomes the expression of a Breton-speaking micro society aiming at extending within a Breton society gained by the French language. The nationalist basement of the review is shaken by the ideals brought by May 1968. In the seventies, the youngsters linked to the review share leftist views, something which irritates their elders. Al Liamm gives them the freedom of expressing themselves and then the review gets stronger. This ability of adaptability can explain the longevity of the review itself.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (687 f.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 659-687

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  • Cote : TBRX2009/21A-B
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