Mises en scènes de l'objet dans les "salons coloniaux" de province (1850-1896) : vers l'emergence de modèles d'expositions coloniales

par Christelle Lozère

Thèse de doctorat en Histoire de l'art

Sous la direction de Dominique Jarrassé.

Soutenue en 2009

à Bordeaux 3 .


  • Résumé

    Can we relate an history about French colonial exhibitions without talking about the ones organised in the 1850's in Bordeaux, Nantes, Metz, Le Havre, Lyon, Rochefort, Cherbourg, Beauvais, Nice, Montauban, Rouen, Tours, Marseille? The colonial exhibitions cognition is still today limited to the cities of Paris, Marseille or Lyon. And what about the other cities, specially harbours which have ancient commercial links with The Overseas? Which motivations, ambitions or trends let these « small patries » open their modest exhibitions to colonies? This thesis, which corpus is innovator, lightens the process, which leads in the XIXth century from the emergence in small cities of “salon colonial” concept, organised by some amateur collector, to a giant “colonial exhibition”. The aim of this process, stipulated by the State during the IIIrd Republic is to popularize exhibitions dedicated first to local elites under 2nd Empire. The exotic object put aside step by step from metropolitan houses and artistic exhibitions, is put apart, gathered amongst products with same source, in a « colonial section », in a thematic house or an ethnographic village. This switching has consequences on the use and interest given to the object. Indeed first considerated as a rare, strange and foreign object, it becomes a colonized, dominated object, with a hierarchy, built by the upcoming imperialist thoughts and talks.


  • Résumé

    Peut-on construire une histoire des « expositions coloniales » françaises sans parler de celles organisées dès 1850 à Bordeaux, Nantes, Metz, Le Havre, Lyon, Rochefort, Cherbourg, Beauvais, Nice, Montauban, Rouen, Tours, Marseille ? La connaissance des « expositions coloniales » se circonscrit encore aujourd’hui aux seuls exemples parisiens, marseillais et lyonnais. Mais qu’en est-il des autres villes de province, et en particulier des ports qui ont des liens commerciaux anciens avec les Outre-Mers ? Existe-t-il des noyaux de motivation, des ambitions, des engouements, qui poussent ces « petites patries » à ouvrir leurs modestes expositions aux colonies ? Cette thèse, dont le corpus est novateur, met en lumière le processus qui conduit au XIXe siècle de l’émergence en province du concept de « salon colonial », organisé par quelques amateurs collectionneurs, à celui d’« exposition coloniale ». Ce passage, orchestré par l’Etat, sous la IIIe République, a pour dessein de vulgariser, par la diffusion de modèles scénographiques populaires, des expositions qui, au Second-Empire, s’adressent en priorité aux élites locales. L’objet exotique, écarté peu à peu des pavillons métropolitains et des salons artistiques, qu’il occupe au départ, se trouve mis à l’écart, rassemblé parmi les produits de même origine dans une « section coloniale », dans un pavillon ou dans un village ethnographique. Ce changement de place a des conséquences sur la fonction et sur le regard porté sur l’objet. Il passe, en effet, du statut d’objet rare, curieux et lointain, à un objet colonisé, dominé, sérialisé, hiérarchisé et façonné par les imaginaires et par les discours impérialistes en construction.

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Informations

  • Détails : 2 vol. (383, 279 p.)
  • Annexes : Bibliogr. : p. 314-362. Index

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