Habitat, terroirs et territoire en Languedoc oriental durant l'Antiquité : Approche spatio-temporelle d'un système de peuplement

par Marie-Jeanne Ouriachi

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de François Favory.


  • Résumé

    Cette étude porte sur une portion du territoire de la cité de Nîmes durant l’Antiquité. L’espace considéré, de Montpellier et Lattes à l’ouest, au Vidourle à l’est – en englobant les communes qui jouxtent la rive gauche du fleuve –, du littoral au sud à Combas et Montpezat, dans la « garrigue », au nord, affiche une grande diversité en terme de milieux géographiques. Il présente également la particularité d’avoir fait l’objet de recherches archéologiques de grande envergure, fouilles conduites sur les agglomérations protohistoriques et/ou antiques, investigations portant sur des petits établissements, annexes agricoles ou petites fermes, fouilles de structures agraires, programmes de prospections systématiques. Il en résulte une richesse archéologique exceptionnelle, que vient compléter un corpus épigraphique comportant quelques 95 inscriptions exploitables. Cette documentation est présentée dans une première partie consacrée à une rapide généalogie de la recherche, afin de mettre en évidence l’hétérogénéité des conditions d’acquisition des données ; dans un second temps, c’est à une analyse critique des deux corpus que nous nous sommes livrée, de manière à en établir à la fois les qualités et les limites. Parce que notre objectif est de cerner les dynamiques qui affectent le peuplement de cet espace durant l’Antiquité, et parce que notre documentation nous le permet, nous avons choisi d’aborder ce problème sous deux angles complémentaires : celui des hommes, et celui des lieux. Il nous a paru d’abord intéressant de faire porter notre attention sur les acteurs de cette histoire, en dégageant des données épigraphiques des indications concernant le statut et la nomenclature, mais aussi la pratique religieuse de la population afin de tenter d’évaluer le degré d’intégration des population dans le cadre d’une cité de droit latin : la question a été posée d’un point de vue temporel et spatial, afin de voir si l’ensemble des points de l’espace considéré s’inscrivent dans la même dynamique. Nous avons également posé la question à partir des données se rapportant à l’implantation des grandes familles, notamment celles basées dans le chef-lieu de cité, afin de voir comment ces entités s’approprient et font vivre l’espace de la cité. Cette approche a toutefois due être circonscrite au Haut-Empire, les bornes chronologiques étant imposées par la documentation épigraphique. La question du peuplement a ensuite été abordée du point de vue des lieux occupés par les hommes. Nous avons dans un premier temps posé le problème des phases de création des habitats : cette analyse nous a permis de confirmer l’importance, déjà évoquée par les auteurs du programme Archaeomedes, du milieu du Ier siècle dans la mise en valeur des régions de plaine et du littoral, délaissées au cours du 2nd Age du Fer. Notre enquête a porté, dans un second temps, sur l’ensemble des établissements : ceux-ci ont fait l’objet d’une classification permettant d’élaborer une typologie, fondée sur leurs caractéristiques matérielles et temporelles. Enfin, pour mettre en oeuvre une approche en terme de réseaux d’établissements, nous avons construit un indice de centralité, élaboré à partir des fonctions économiques et symboliques représentées dans les différents lieux habités : cet indice nous a permis d’établir une hiérarchie fonctionnelle des établissements et de construire des réseaux à partir d’un modèle gravitaire élémentaire. Nous avons alors tenté de montrer comment ces réseaux s’organisent et organisent l’espace, en mettant en évidence des différences entre Lez et Vidourle, mais aussi entre zones basses et collines. Dans ce cadre de réflexion, nous avons reposé le problème de l’influence de Nîmes, située hors zone d’étude. Cette approche appliquée à plusieurs moments clés, 100 avant notre ère, 100, 300 et 500 de notre ère, a débouché sur la mise en évidence de phases d’évolutions dans le système de peuplement entre la fin de la protohistoire et le haut Moyen Age. Quel que soit le vecteur choisi pour appréhender le peuplement, qu’il s’agisse des hommes ou des lieux, il apparaît que les changements n’affectent pas de manière uniforme l’ensemble de la population ou la totalité de l’espace. Cette étude confirme le fait que la romanisation se présente comme un processus complexe, en raison de la multiplicité des facteurs en jeu

  • Titre traduit

    Accomodation, soils and territory in eastern Languedoc during the Antiquity : Spatial and temporal approch of a settlement system


  • Résumé

    This study will focus on a section of the city of Nîmes territory during the Antiquity. The area which is studied, from Montpellier and Lattes in the west to Vidourle in the East – including the districts next to the left river bank – and from the littoral in the south to Combas and Montpezat, in the « garrigue » / scrubland in the north, shows a large variety of geographical environments. One of its characteristics is that it has formed the subject of large-scale archaeological researches. These excavations have been led on protohistorical and/or ancient areas. The researches regarded small sites, land annexes or small farms, excavations on land structures, systematic prospecting programs. The result is an outstanding archeological richness completed by an epigraphic corpus which includes about 95 usable inscriptions. These documents are presented in a first part dedicated to a quick genealogy of the research, in order to reveal the heterogeneity of the conditions in which data were acquired. In the second part, we have carried out a critical analysis of the two corpuses in order to draw up their qualities as well as their faults. We have chosen to tackle the issue from two different and complementary view points: the one of man and the one of places. The reason of our choice is that our target is to figure out the dynamics that affected the populating of this area during the Antiquity. The other reason is that our documents enable us to do so. We found it interesting to focus first on the different actors of this history by drawing epigraphic data from the pieces of information regarding the status and nomenclature but also the religious practices of the population. All this is aimed at estimating the level of integration of the populations in a city ruled by Latin law : the issue was tackled from a temporal as well as a spatial view point, so as to see if all the points of the studied area were part of the same dynamic. The issue was also stated from data related to the settlement of large families, particularly those located in Nîmes, in order to see how these gentes settle and liven the area of the city. This approach has however been limited to the “High-Empire”, the chronological bounds being imposed by the epigraphic documents. The populating issue has then been tackled through the places occupied by man. In the first part, we have raised the problem of the stages in the creation of habitats. This analysis enabled us to confirm the importance – already brought up by the authors of the Archeomedes program – of the second half of the first century as regards the development of plain and coast regions which had been given up during the second Iron Age. In the second part of our study, we focused on all the accommodations : the latter have been classified and this classification made it possible to work out a typology based on their material and temporal characteristics. In order to implement an approach in terms of establishment networks, we eventually built up an indicator regarding the central function. This indicator has been worked out according to the economic and symbolic functions featured in the various places inhabited. It enabled us to establish a functional hierarchy of the establishments and to build up networks from a simple gravity pattern. Then we have tried to show how these networks get organized and how they organize the space, by revealing not only the differences between Lez and Vidourle but also between plains and hills. In the scope of this study, we raised again the problem of the influence of Nîmes which is located outside the study area. This approach, which has been applied to various key moments – 100 BC, 100, 300 and 500 AD – resulted in putting forward the development stages in the populating system between the end of protohistory and the early Middle-Ages. Finally let’s point out that, whatever the means chosen to tackle populating – be it people or places – it turns out that these changes don’t alter the whole population or the whole space in an even way. Romanization appears as an intricate process because of the numerous factors involved

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Informations

  • Détails : 2 vol. (361, 233 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 335-352. Glossaire

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  • Bibliothèque : Bibliothèque universitaire. Section Lettres.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : LET.BESA.2009.1004.1
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  • Cote : LET.BESA.2009.1004.2
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