L' esclavage des noirs : discours juridique et politique français (1685-1794)

par Jérémy Richard

Thèse de doctorat en Droit

Sous la direction de Michel Ganzin et de Éric Gasparini.

Soutenue en 2009

à Aix-Marseille 3 .


  • Résumé

    A l’instar du Portugal, de l’Angleterre, de l’Espagne et d’autres nations, la France se livre, notamment aux XVIIe et XVIIIe siècles, au commerce négrier de part et d’autre de l’Atlantique, s’inscrivant dans une internationale esclavagiste européenne. Consciente du caractère fondamental de l'esclavage aux Antilles dans l’économie française, la monarchie se décide, sous l’impulsion de Colbert, à légiférer dans ce domaine. Au mois de mars 1685, le pays possède un “Code” relatif aux esclaves des Antilles. L’application sporadique de ses règles conduit l’historiographie à porter un jugement trop partisan, voire militant, à l’encontre de ce texte qui, inacceptable aujourd’hui, porte en lui la mentalité d’une époque qui lui est propre. Le XVIIIe siècle donne lieu au renouvellement de la pensée et au développement de concepts tournant autour de l’individu. Durant cette période, les auteurs des Lumières, s’intéressent, progressivement, à l’esclavage des nègres. Passant de la simple constatation à la contestation, puis à la remise en cause, les écrits traitant de l’esclavage des noirs parsèment l’Esprit du Siècle. La pusillanimité d’un grand nombre de ces auteurs – qui du fait du manque d’images, voient cet esclavage comme une institution lointaine et non comme une réalité visible – leur vaut aujourd’hui des critiques parfois trop sévères, que M. Jean Ehrard s’efforce de contester. C’est au cours d’une partie de la période révolutionnaire (1789-1794) que la position des auteurs tels Montesquieu, Prévost, Voltaire ou Mercier, est relayée à travers les Cahiers de doléances et les débats parlementaires. L’abolition du 4 février 1794, qui demeure plus le résultat d’événements coloniaux que l’agglomérat de concepts humanistes, annonce moins la fin de l’esclavage qu’une étape dans l’histoire de l’asservissement des noirs.

  • Titre traduit

    Negro slavery : juridic and politic French speech (1685-1794)


  • Résumé

    Following the example of the Portugal, England, Spain and others nations, France engaged of the slave driver trade on both side of the Atlantic, notably in the seventeenth and eighteenth centuries, registering in the international European proslavery. Conscious that the fundamental character of the slavery in the Caribbean, in the French economy, the monarchy decided, on Colbert’s instigation, to legislate in this domain. In March 1685, the country owned a relative “code” on Caribbean slaves. The sporadic application of these rules leads the historiography to give a too partisan judgment, or even militant, toward to this text which, unacceptable on nowadays, has in itself the mentality of a time which corresponds to it. The eighteenth century gives rise to a renewal of the belief and to the concepts development around the human being. During this period, the Enlightenment authors, progressively, are taking interested to the Negro slaves. Going through the simple observation to the contestation, than reconsideration, the writings treating of the black slavery are scatted the Thoughts of the century. The pusillanimity of a many of this authors – who because of they are missing images, seeing slavery as a distant institution and not as visible reality – earned them on these days, sometimes too severe critics that M. Jean Ehrard strives to contest. It is during a part of the revolution period (1789-1794) that the position of some authors as Montesquieu, Prévost, Voltaire or Mercier, is relayed through the complaints Books and the parliamentary debates. The abolition of February 4th, 1794 which remains more the colonial events results than the agglomerate of the humanists concepts, announced at least less the end of the slavery that a step in the history of the black subjugation.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (608 p.)
  • Annexes : Bibliogr.p.548-597. Index

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