Les périphéries urbaines des villes d'Afrique Noire : réflexion et essai de définition à partir d'un cas paradigmatique : dakar

par Benjamin William Mounoutchy

Thèse de doctorat en Aménagement

Sous la direction de Jean-Paul Carriere.

Soutenue le 31-03-2008

à Tours, dans le cadre de Sciences de l'Homme et de la Société, en partenariat avec SHS/Centre de recherche ville/société/territoire (équipe de recherche) .

Le président du jury était Serge Thibault.

Le jury était composé de Christel Alvergne-Latouche, Yves Jean, Catherine Baron.


  • Résumé

    Les grandes villes d’Afrique noire, à l’instar de toutes les villes du tiers-monde, connaissent une crise urbaine profonde. Entre une croissance urbaine galopante et un étalement territorial non maîtrisé, ces agglomérations sont en même temps confrontées au problème de la structuration de leur tissu urbain. Mais tous les facteurs qui fondent la crise des armatures urbaines africaines, ne sauraient être analysés en dehors du contexte spécifique de ces pays, tant historique que politique, et socioéconomique. La construction de l’urbain en Afrique noire s’est faite par phases successives et incohérentes. De la colonisation européenne du XIX° siècle aux indépendances du XX° siècle, l’organisation des villes africaines était caractérisée par une ségrégation spatiale opposant «la ville des blancs» à «la ville indigène». Au lendemain des indépendances, il a fallu aux dirigeants africains mettre en œuvre à la fois une gestion de l’héritage colonial et de nouvelles politiques urbaines. Près d’un demi-siècle plus tard, les villes d’Afrique noire présentent encore des paysages urbains contrastés, des infrastructures insuffisantes, des équipements défaillants. Toutes ces caractéristiques qui révèlent un certain déséquilibre dans la structuration et la construction du tissu urbain se retrouvent à différents endroits de la ville, créant ainsi des quartiers sous-équipés, presque oubliés au milieu ou à côté d’autres quartiers urbanisés et aménagés. Ces îlots urbains dans lesquels l’action publique est insuffisante voire inexistante, se situent aussi bien dans la ville qu’en marge des limites urbaines. La ville étant elle-même un objet difficile à définir, tant les villes diffèrent d’un contexte à un autre, la périphérie urbaine ne saurait avoir une définition universelle. Dans un contexte aussi particulier que l’Afrique noire, et au-delà de l’opposition classique centre-périphérie, il devient nécessaire de redéfinir et de caractériser la périphérie urbaine : Qu’est ce que la périphérie urbaine d’une ville d’Afrique noire ? Où se situe-t-elle ? Comment se caractérise-t-elle ? Au regard des dynamiques propres aux villes africaines, notamment la généralisation du secteur informel, le flou autour de la question foncière, et les incessantes crises politiques, l’organisation urbaine, aux limites bien approximatives, ne présente pas un schéma bien défini, opposant simplement le centre et la périphérie urbaine. La périphérie urbaine serait plutôt constituée par ces poches urbaines sous-équipées, marginalisées par l’action publique, que l’on retrouve à la fois dans « la ville-centre » et à la frontière du monde rural. Ces enclaves périphériques, dans lesquelles règnent l’informel et la coutume, constituent de véritables centralités secondaires, en termes de lieux d’échanges et de sociabilité. Telle est la conclusion principale de cette thèse qui s’attache à la définition des périphéries urbaines des villes négro-africaines, à partir du cas paradigmatique de Dakar.

  • Titre traduit

    The suburbs of big sub-saharan cities : analysis and proposal of definition based on the case of study of Dakar


  • Résumé

    The main cities in Black Africa, like all third world cities, are going through a major crisis. Besides and because of their rapid growth ans territorial spread that is clearly lacking control, these urban concentrations suffer from a lack of structure in their urban network. But all the elements at the core of the crisis of these African urban frameworks cannot be analysed outside the specific historical, political and socio-economic background of the studied countries. The urban development in Sub-Saharan Africa took place in successive and often incoherent phases. From the European colonisation in the 19th century until the moment the different countries became independent, the organisation of African cities was caracterised by a territorial segregation, dividing « the white men’s town » and the « indegenous town » . After the countries became independent, the African leaders had to take into account the colonial inheritance as they tried to implement new urban policies. Nearly half a century later, cities in Black Africa still display high contrasts in their urban landscapes, inadequate infrastructures ans precarious equipments. These features, which reveal some imbalance in the structure and building of the urban network, can be seen in different locations in the city, thus developing under-equipped neighbourhoods, that are nearly unaccounted for right in the middle of or next door to other urbanised and developed districts. These urban landlocks where the state authorities hardly ever intervene are as often located inside the city walls as outside, in the outskirts. Bearing in mind that the « city » as such is hard to define, since all cities are different, there is no universal definition for the concept of « outskirt ». In a context as specific as Sub-Saharan Africa, and beyond the classical divide « centre-outskirt » it has become necessary to re-define the suburb : What defines the suburb of a Sub-Saharan city ? Where is it located ? What are its main features ? If you consider the dynamics of African cities, in particular the recurring lack of legislation and taxes, the unsolved ans unclear question of the land, and the constant political crises, it is clear that urban development, with its approximate boundaries and frontiers, does not follow the plain « centre-outskirts » pattern. Rather, the suburbs are constitued by these under-equipped landlocks, deprived of any state intervention, that are sometimes seen in « inner-cities » and on the outskirts of rural places and villages. These suburban enclaves, under the command of local custom and informal rules, have become some sort of real secondary centres, as places of social and economical exchanges. This is the conclusion of this PhD which aims at defining the suburbs of Black cities, based on the case study of Dakar.

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