Développement d'une lentille de Laue pour l'astrophysique nucléaire

par Nicolas Barrière

Thèse de doctorat en Astrophysique. Instrumentation

Sous la direction de Peter von Ballmoos.

Soutenue en 2008

à Toulouse 3 .


  • Résumé

    Depuis les débuts de l'astrophysique nucléaire, les découvertes ont toujours été liées à des progrès instrumentaux. Cela est particulièrement vrai dans le domaine X-durs / gamma mous où l'intense bruit de fond induit dans les détecteurs par les rayons cosmiques et les ceintures de van Allen, associé à la faible section efficace d'interaction des rayonnements avec les matériaux du détecteur limitent la sensibilité des télescopes. Il semble aujourd'hui que la technologie des télescopes à masque codés arrive à ses limites, avec les deux instruments à bord d'INTEGRAL. Comment dans ces conditions continuer à faire des découvertes? De nombreuses équipes développent actuellement des télescopes Compton de deuxième génération qui semblent pouvoir apporter une partie de la réponse. Au CESR, une option complémentaire est développée depuis quelques années, réaliser une lentille focalisant les rayons gamma de faible énergie. Les lentilles de Laue qui ont été étudiées focalisent les rayonnements de la bande des rayons gamma mous (100 keV - 1 MeV) par le biais de la diffraction de Bragg dans le volume de cristaux. La focale associée à une telle lentille est de l'ordre de 100 m, ce qui nécessite un vol en formation pour pouvoir réaliser un télescope spatial. L'avantage de ce concept est de concentrer les rayons gamma depuis une large surface de collection vers un détecteur de faible volume, augmentant ainsi le rapport signal sur bruit significativement par rapport aux instruments actuellement en vol, et donc permettant d'atteindre une sensibilité sans précédent dans cette bande d'énergie. La faisabilité du concept ayant précédemment été démontrée par le projet CLAIRE, mon travail de thèse a consisté à faire évoluer ce premier prototype vers un concept de mission exploitable scientifiquement. Je me suis principalement attaché à deux aspects : D'une part, la modélisation de la lentille, avec le développement d'un code de simulation rapide (non Monte-Carlo) qui a par la suite été la base de nombreux outils d'optimisation du design et d'évaluation des performances en terme de surface efficace, champs de vue, et sensibilité. L'autre partie de mon travail a consisté à trouver et caractériser des cristaux potentiellement intéressants pour la réalisation d'une lentille de Laue. Des cristaux de cuivre mosaïque, de germanium mosaïque, des alliages de silicium et germanium avec un gradient de concentration et des empilements de wafers de silicium et de germanium ont été mesurés sur différentes installations incluant le synchrotron européen de Grenoble (ESRF) ainsi que l'instrument GAMS 4 de l'ILL. Ces mesures m'ont permis de dresser l'état de l'art des cristaux actuellement disponibles et utilisables pour une lentille gamma.


  • Résumé

    Ever since the dawn of astronomy, cosmic discoveries have been directly associated with instrumental progresses. This certainly applies also to the hard X-ray / soft gamma-ray domain where week photon cross-sections and strong background noise hamper instrument sensitivities. SPI, IBIS, and LAT, the main telescopes onboard INTEGRAL and SWIFT probably represent the pinnacle of what is possible using coded mask techniques. How in this context can we keep improving our knowledge of the sub-MeV sky? A number of teams are currently developing second generation Compton telescopes that seem to be able to bring a part of the answer. At CESR, a complementary solution has been studied for over 10 years; it consists in the realization of a lens focusing soft gamma rays. The Laue lenses we study focuses in the domain of 0. 1-1 MeV thanks to Bragg diffraction in the volume of a large number of small crystal tiles. The focal length of a typical Laue lens system is of the order of 100 m. This requirement calls for two formation flying satellites maintaining lens and detector at the focal distance. The major breakthrough of Laue lenses is to decouple collecting area from detector area. Concentrating a signal from the large area of a Laue lens onto a small focal spot dramatically increases the signal over background ratio with respect to present technologies. Here's the reason for the long awaited leap in sensitivity. The feasibility of the Laue lens concept for astrophysics has been demonstrated by the CLAIRE project between 2001 and 2003. The objective of the present thesis was to improve the concept, finding viable technical solutions towards a future space mission. Two aspects of the lens R\&D have been highlighted in this thesis : the first one is an analytical model of the lens that is used to calculate and improve the performance of a certain configuration, the second aspect concerns the search and the characterization of diffracting media of interest. The lens model developed relies on a fast semi-analytical simulation library, permitting to build several design- and optimisation-tools. For the configuration of a given lens, this code computes the resulting effective area and point spread function in a handful of seconds. The model helps finding lens configurations (mass, pack ratio of the lens rings,. . . ) which are automatically refined to match with effective area and energy coverage constraints. . .

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Informations

  • Détails : 1 vol. (278 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 207-220

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