Guy Debord : de son cinéma en son art et en son temps, quelques pièces d'un puzzle aux limites incertaines

par Guy-Claude Marie

Thèse de doctorat en Études cinématographiques et audiovisuelles

Sous la direction de Guy Chapouillié.

Soutenue en 2008

à Toulouse 2 .


  • Résumé

    En 1952, avec le film "Hurlements en faveur de Sade", Guy Debord impose au public une situation construite de désaveu. Le cinéma ne saurait rester étranger aux ruptures, aux crises de la représentation. En 1956, le texte Mode d'emploi du détournement indique les véritables possibilités de sortir de l'impasse artistique. Le détournement, quelle que soit l'origine de l'élément préfabriqué, suppose le projet d'une énonciation poétiquement plus influentielle. "Son temps": il l'aura décrit et combattu ; il lui aura donné un nom, titre de son livre de 1967, qui lui restera : "La Société du spectacle". En 1973, il réalise, portant ce titre, le premier film de l'histoire du cinéma entièrement constitué d'éléments détournés et dont le commentaire est exclusivement composé d'extraits de son livre. Ces éléments, y compris ceux provenant d'œuvres de fiction, sont si parfaitement intégrés à l'oeuvre nouvelle, dans cette perspective de la négation et du dépassement du monde tel qu'il est, qu'ils lui appartiennent, pourrait-on dire, désormais en propre. C'est dans les entrelacs images/images et images/son que surgit la force subversive de cette stratégie du détournement : distance théorique, lyrisme du sujet engagé dans l'action historique, et les plus beaux accents pour l'amour, l'amitié, le caractère. Pour Debord, la négation de l'art est devenue un art de la négation : "son art".

  • Titre traduit

    Guy Debord, his cinema in his art and in his time, a few pieces of a blurry-edged puzzle


  • Résumé

    With his 1952 film "Hurlements en faveur de Sade", Guy Debord lays down for his audience an elaborated situation of denial. The art of cinema can't escape to the disruptions and crises of representation. In 1956, the essay Mode d'emploi du détournement points to an authentic way of getting out of the artistic dead end. Detournement, whatever the origin of the prefabricated element might be, implies planning a poetically more influential enunciation. As for "his time", that is something he relentlessly described and fought against, then found a name for : "The Society of spectacle", providing the title of his 1967 book. In 1973, this title was to become that of the first film in the history of cinema entirely made up with detourned elements and whose commentaries are exclusively taken from his book. From the principle requiring that the world as it is should be denied and exceeded, those elements, including those taken from fiction works, were so completely mingled into the new work that it seems to have eventually made them its own. From the interweaving of images or sound and images springs the subverting power of this derailing strategy - the theoretical distance, the lyricism of the individual committed to playing a part in history, the setting forth of the beauty of love, friendship and character. To Debord, the negation of art turned into an art of negation - "his art".

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Informations

  • Détails : 1 vol. (305 p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr., Filmogr. p. 287-304

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  • Bibliothèque : Université Toulouse Jean Jaurès. Bibliothèque universitaire centrale de lettres et sciences humaines.
  • Disponible pour le PEB
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