L'iconographie du diable dans la sculpture romane du Midi de la France et du Nord de l'Espagne

par Sandrine Molinié

Thèse de doctorat en Histoire de l'art

Sous la direction de Michèle Pradalier-Schlumberger.

Soutenue en 2008

à Toulouse 2 .


  • Résumé

    Vers l’an mil, le contexte, tant religieux que social et politique, favorise l'émergence de l'image du diable. L'eschatologie est pesante, l'Église devient menaçante, elle fonde son discours sur la crainte de l'enfer. À partir de cette période, différents artistes, essentiellement des sculpteurs, s'efforcent de retracer le physique et la personnalité de cette créature. L'expression de sa forme anthropomorphe va véritablement se préciser et s'épanouir. Il en émane une ambiguïté, le diable est tellement horrible qu'il devient difficile à figurer. Sa seule vision peut être dangereuse, parfois mortelle. Son image est paradoxale, personne ne le voit pourtant tout le monde doit le reconnaître. Cette complexité, entre sa définition et sa représentation, fait ressortir trois propriétés utilisées pour désigner sa nature démoniaque et pour élaborer son portrait : l'agressivité, l'anormalité et l'immatérialité. L'analyse des sculptures du Midi de la France et du Nord de l'Espagne permet d'explorer ces trois spécificités ; la traduction de chaque détail se révèle importante dans la signification de l'image du diable. Cet être énigmatique a nourri l'imaginaire des hommes du XIe et du XIIe siècle. Les artistes ont cherché à intensifier son maléfice par la laideur, la déformation, mais aussi par la bestialité. Symbole même du Mal, le diable en est l'incarnation. En le formalisant, les artistes ont voulu le canaliser et, dans une certaine mesure, le maîtriser. Abjecte et mystérieuse à la fois, cette étrange créature est la représentation de leurs craintes les plus profondes et de leurs fantasmes inavoués.

  • Titre traduit

    The iconography of the devil in the romanesque sculpture of the South of France and the North of Spain


  • Résumé

    Towards the year thousand, the religious, social and political context favours the emergency of the devil's image. The eschatology is heavy, the Church becomes threatening, and its speech is founded on the hell fear. On and after this period, different artists, essentially sculptors, try to retrace the physique and the personality of this creature. The expression of its anthropologist form is really going to explicit and light up. All this is so ambiguous, the devil is so horrible that it becomes difficult to represent. It's only vision may be dangerous, sometimes mortal. Its image is paradoxal, no one sees it, and nevertheless everyone should recognize it. This complexity, between its definition and its representation, brings out three properties used to show its demoniac character and to make its portrait: the aggressivity, the abnormality and the immateriality. The sculptures' analysis of the South of France and the North of Spain allows exploring three specificities: the interpretation of each detail becomes important in the signification of the devil's image. This enigmatical being fed the imaginary of the people from the 11th and the 12th century. The artists endeavoured to intensify it's malefic by the ugliness, the deformation, but also the bestiality. Symbol of the very evil, the devil is its incarnation. Giving offence to the devil, the artists wanted to win it over and, in a way, to get it under control. Abject and mysterious at the same time, this strange creature is the representation of their fears the deepest and of their unconfessed phantasms.


  • Résumé

    Hacia el año mil, el contexto, tanto religioso que social y político, favorece la emergiancia de la imagen del diablo. La escatología es pesada, la Iglesia se vuelve amenazadora, funda su discurso sobre el temor del infierno. A partir de este período, diversos artistas, esencialmente escultores, se esfuerzan de describir el físico y la personalidad de esta criatura. La expresión de su forma antropomorfa verdaderamente va a precisarse y desarrollarse. Emana de ella una ambigüedad, el diablo es tan horrible, que llega a ser difícil representarlo. Sólo su visión puede ser peligrosa, a veces mortal. Su imagen es paradójica, nadie lo ve sin embargo todo el mundo debe reconocerlo. Esta complejidad, entre su definición y su representación, hace resaltar tres propriedades utilizadas para designar su natural demoniaco y para elaborar su retrato : la agresividad, la anormalidad y la inmaterialidad. La análisis de las esculturas del Mediodía Francés y del Norte de España permite de explorar estas tres especifidades ; la traducción de cada detalle aparece importante en la significación de la imagen del diablo. Este ser enigmático ha alimentado lo imaginario de los hombres del XI y del siglo XII. Los artistas han buscado a intensifiar su maleficio por la fealdad, la deformación, pero también por la bestialidad. Símbolo mismo del Mal, el diablo es la encarnación de el. Formalizandolo, los artistas han querido canalizarlo y en una cierta medida dominarlo. Abyecta y misteriosa a la vez, esta extraña criatura es la representación de sus temores los más profundos y de sus fantasmas no confesados.

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  • Détails : 4 vol. (508 f., DXXVII f. de pl.)
  • Annexes : Bibliogr. f. 472-501

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  • Bibliothèque : Université Toulouse Jean Jaurès. Bibliothèque universitaire centrale de lettres et sciences humaines.
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