La dimension métier dans l'analyse culturelle de l'intégration post fusion-acquisition

par Michaël Viegas Pires

Thèse de doctorat en Sciences de gestion

Sous la direction de Gilles Garel et de Sylvie Chevrier.

Soutenue le 08-09-2008

à Paris Est , dans le cadre de Entreprise, Travail, Emploi , en partenariat avec Organisation et Efficacité de la Production (OEP) (laboratoire) .

Le jury était composé de Gilles Garel, Sylvie Chevrier, Eric Godelier, Ulrike Mayrhofer, Stéphanie Dameron, Frédérique Pigeyre.

Les rapporteurs étaient Eric Godelier, Ulrike Mayrhofer.


  • Résumé

    La fin des années 1980 et les années 1990 ont été marquées par une vague de fusionsacquisitions (F&A) d’une ampleur sans précédent, mais au succès contrasté. Ce paradoxe a mis en évidence la complexité des F&A, en montrant que des choix stratégiquement pertinents et un bon montage financier ne suffisent pas à garantir la réussite de telles opérations, créant auprès des managers et des chercheurs en organisations un besoin de mieux connaître les déterminants de leur succès. Dans cette perspective, de nombreux travaux ont porté leur attention sur la dimension culturelle de l’intégration post F&A. Cette thèse s’apparente à ce champ de recherches, et s’intéresse plus particulièrement à la question du rôle des cultures de métier. Afin de répondre à cette problématique, nous adoptons une démarche en trois temps. Nous commençons par concevoir un ensemble d’outils théoriques nous permettant d’appréhender le contenu des données recueillies (Première partie). Nous proposons ensuite des études de cas dans lesquelles nous mobilisons ces outils pour observer l’impact des cultures de métier sur différents aspects de l’intégration (Deuxième partie). Enfin, nous généralisons ces résultats tout en discutant du statut épistémologique de la connaissance ainsi produite (Troisième partie). Nous commençons par décrire le champ de recherches auquel appartient cette thèse, ce qui nous permet de montrer que si l’état des connaissances révèle l’existence d’un lien entre culture et intégration, aucun consensus n’émerge de la littérature quant à sa nature, impliquant d’analyser plus finement les mécanismes de cette relation. Nous formulons ainsi notre cadre théorique général, qui montre qu’une analyse culturelle du processus d’intégration, ne peut se faire sans prendre en compte la question de l’articulation entre divers types de culture. Le reste de la première partie consistera donc à concevoir une représentation de l’articulation entre cultures nationale, organisationnelle et de métier. Les données qualitatives alimentant notre réflexion ont été collectées sur deux terrains différents : d’une part le groupe français d’assurances AXA, dans le cadre de sa politique générale de croissance externe et plus particulièrement le rachat de Nippon Dantai, société japonaise, d’autre part le groupe TPSA (Telekomunikacja Polska SA), opérateur téléphonique historique en Pologne, dans le cadre de son rachat par France Télécom. Après avoir présenté notre méthode de recherche nous restituons nos analyses sous forme d’études de cas, respectivement consacrées à l’intégration des systèmes de reporting et à celle des politiques d’offre. Les études de cas nous permettent de générer un ensemble d’hypothèses abductives sur les déterminants de l’intégration. Nous questionnons ensuite les concepts théoriques développés en première partie, à la lumière de nos analyses, et mobilisons le concept d’espace professionnel pour rendre compte de nos observations. Enfin, nous montrons que s’il existe un ensemble de représentations partagées au sein de cet espace, celles-ci ne sont pas nécessairement synonymes de convergence dans une perspective d’intégration

  • Titre traduit

    On the occupational dimension of the cultural analysis of post merger and acquisition integration


  • Résumé

    In the late 1980’s and the 1990’s one has been a witness to the biggest wave of merger and acquisitions (M&A) ever. However the results of those deals are often very disappointing. This paradox has shed light on the complexity underlining the M&A process, and has focused attention of managers and organisation researchers on the cultural dimension of post M&A integration. This Ph. D thesis belongs to this research field and is particularly interested in the role of occupational cultures. We use a three steps design to answer this question. We first conceive theoretical tools, in order to analyse the data (First part). These tools will then be used in two case studies, respectively dedicated to the integration of reporting systems and marketing strategies (Second part). At last, we generalise the results. Their epistemological status is also discussed (Third part). We first describe the research field, which this thesis belongs to. That way we show that M&A literature is inconsistent. No consensus emerges about the nature of the link between culture and integration, appealing for a more finely grained analysis. We then suggest a theoretical framework, which shows that a cultural analysis of post M&A integration cannot be conducted without taking into account the strong interleaving between different cultures. Consequently, the rest of the first part consists in conceiving a model of such an interleaving between national, organisational and occupational cultures. Qualitative data have been collected from two different firms: AXA, the French insurance group on the one hand, for its acquisition of Nippon Dantai, a Japanese society, France Télécom, the French telecommunication operator on the other hand, for its acquisition of TPSA (Telekomunikacja Polska SA), a polish company. After that the methodology has been described, we present our analysis in two case studies, respectively dedicated to reporting systems integration and offer policies integration (marketing). Case studies allow us to generate abductive hypothesis about the determinants of integration. Then, we question the theoretical concepts developed in the first part, under the light of our analysis. We introduce the concept of “occupational space” to describe our observations. At last, we show that if there exist some mental representations shared among individuals in such a space, they are not necessary synonymous with convergence in an integration perspective

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