La symbolique de la possession à l'époque des Lumières

par Josepha Faber Boitel (Faber)

Thèse de doctorat en Lettres

Sous la direction de Marie-Emmanuelle Plagnol-Diéval.

Soutenue le 04-12-2008

à Paris Est , dans le cadre de Lettres, Sciences Humaines et Sciences Sociales , en partenariat avec Lettres, Idées, Savoirs (équipe de recherche) .


  • Résumé

    Pour être confortable la classification littéraire ne parvient pas toujours à rendre compte de la complexité des productions humaines et de leur réception. C’est d’autant plus vrai à une époque de grands changements, politiques, économiques, sociaux et culturels, comme le XVIIIe siècle européen. Tributaire d’une terminologie limitatrice, l’histoire littéraire a contribué à enclore les Lumières dans une cadre resserré, qui soulignait de manière dyadique les différences entre auteurs chrétiens et philosophes, raison et sensibilité. C’est dans le dépassement de ce débat que s’inscrit notre réflexion sur la symbolique de la possession à l’époque des Lumières. Cette étude est consacrée à l’analyse d’un corpus de textes qui, estimés à la lumière d’une problématique anthropologique, prennent une teinte autre que moralisatrice, fantastique, picaresque ou dramatique. Ces genres sont diffusés par les œuvres de Guevara, Lesage, Cazotte, Beckford, Goethe, Lewis, Chamisso et Potocki au fil de détours narratifs et temporels porteurs d’une modernité littéraire. L’interdépendance des enjeux esthétiques, narratifs et psychologiques marque résolument l’ancrage sociologique de la fabula dans la cité. Ces nouvelles, romans et drame assurent la naissance d’un genre d’investigation sociologique et psychologique, encore non conceptualisé à l’époque de leur parution, d’une contemporanéité manifeste avec la société en pleine mutation qui constitue son substrat et son horizon d’attente. Distincte du mythe de Satan et du Romantisme à venir, la symbolique de la possession est un regard sur l’avènement de la reconnaissance, encore confuse à l’époque des Lumières, de l’individualité irréductible

  • Titre traduit

    The symbolics of possession at the time of the enlightenment


  • Résumé

    Convenient though it may be, literary classification sometimes fails to account for the complexity of human productions and of their reception. This is all the more so at an age of sweeping political, economic, social and cultural changes such as the European eighteenth century. Literary history, dependent as it is on restrictive terminology, has contributed to enclose the Age of the Enlightenment within a narrow framework which dyadically underscored the difference between Christian authors and philosophers, between sense and sensibility. The present reflexion on the symbolics of possession at the turn of the Enlightenment aims to transcend such a debate. The study is dedicated to the analysis of a corpus of texts which, seen from an anthropological perspective, take on a dimension other than moralistic, fantastic, picaresque or dramatic. Those genres were circulated by the works of Guevara, Lesage, Cazotte, Beckford, Goethe, Lewis, Chamisso and Potocki, by narrative and temporal means laden with literary modernity. The interdependence of aesthetic, narrative and psychological stakes resolutely shows how anchored within the body politic the fabula is. Those short stories, novels and dramas paved the way for a genre of sociological and psychological investigation – a genre not yet conceptualized when those works came out – in obvious keeping with the thoroughly changing society which is both its background and its horizon of expectations. The symbolics of possession, to be distinguished from the myth of Satan and the oncoming Romanticism, is an outlook on the advent of the acknowledgement – still confused at the turn of the Enlightenment – of irreducible individuality

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