Contribution à l’histoire de la catalyse en France (1944-2004) : dynamiques disciplinaires et régimes de production de savoir

par Baptiste Voillequin

Thèse de doctorat en Épistémologie. Histoire des sciences et des techniques

Sous la direction de Bernadette Bensaude-Vincent et de Marie-Laure Bocquet.

Soutenue en 2008

à Paris 10 .


  • Résumé

    Cette thèse analyse l’émergence d’une science de la catalyse en France dans la deuxième moitié du XXe siècle. Suite à la mise au point de nombreux procédés catalytiques durant les décennies 1930 à 1950, en lien avec la chimie du pétrole, la recherche académique est fortement encouragée par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Jusqu’au milieu des années 1980, trois écoles de recherche fortement typées oeuvrent à la promotion de la catalyse comme discipline académique. L’Institut de recherches sur la catalyse (IRC), créé en 1958, dirigé par Marcel Prettre, et richement doté d’un équipement d’avant-garde, est reconnu comme leader sur les scènes nationale et internationale. Malgré l’hégémonie de l’IRC, l’équipe de l’Institut français du pétrole (IFP) et celle formée autour de Jean-Eugène Germain à Lille développent des approches alternatives et complémentaires. À partir des années 1970, les problématiques énergétiques d’abord, environnementales ensuite, contribuent à effacer les barrières entre les trois écoles. Derrière Raymond Maurel, et autour du mythe fondateur de Paul Sabatier, la communauté française dans son ensemble s’unit pour répondre aux mots d’ordre de « développement durable ». Un nouveau profil de la catalyse se dessine dans cette nouvelle phase. Au lieu d’une consolidation disciplinaire la catalyse se développe plutôt au carrefour des disciplines, au plus près des logiques industrielles et tournée vers les enjeux majeurs de la société. Elle offre ainsi un cas paradigmatique d’émergence d’une technoscience.

  • Titre traduit

    Contribution to the history of research on catalysis in France (1944-2004) : Disciplinary dynamics and regimes of production of knowledge


  • Résumé

    This dissertation describes the emergence of a science of catalysis in France in the second half of the twentieth century. Following various advances in catalytic technology between 1930 and 1950, and in relation with oil industries, academic research on catalysis was strongly supported by the Centre National de la Recherche Scientifique from 1944 onwards. Until the mid 1980s, three distinct research schools promoted catalysis as an academic discipline in France. The Institut de recherches sur la catalyse headed by Marcel Prettre, founded in 1958 and equipped with sophisticated, soon gained national and international recognitions. In spite of this hegemony, the Institut français du pétrole and the research team conducted by Jean-Eugène Germain in Lille developed alternative and complementary research programs. In the 1970s, the focus on energetic and later environmental issues contributed to blur the boundaries between the three research schools. Under the leadership of Raymond Maurel, a single French community gradually emerged, reunified around the issue of “sustainable development” and cemented by the founder myth of Paul Sabatier. A new profile of catalysis emerged over the past decades, which no longer belongs to the disciplinary regime of academic science. Interdisciplinary research has been conducted in close relation with industrial demands and major geopolitical stakes. Thus catalysis became a paradigmatic case of technoscience.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (412 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 389-399

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  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T 08 PA10-130
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