Le fantastique du rêve : analyse et histoire des séquences de rêve de 1939 (The Wizard of Oz) à 2001 (Mulholland Drive)

par Thérèse Guilbert

Thèse de doctorat en Anglais

Sous la direction de Dominique Sipière.

Soutenue en 2008

à Paris 10 .


  • Résumé

    Cette thèse se propose d’analyser les caractéristiques d’une soixantaine de séquences de rêve et leur influence dans le cinéma américain, de 1939 (Le Magicien d’Oz, Victor Fleming) à 2001 (Mulholland Drive, David Lynch). Elle part du principe qu’une séquence de rêve contient souvent en germe une fiction fantastique, fondée sur une situation fantastique (dédoublement dû au sommeil), sur un style fantastique (« condensation et déplacement fantastiques ») et sur un genre fantastique (proche de l’horreur). Le cinéma classique sépare souvent ce fantastique du rêve du récit principal, grâce à une série de conventions narratives (récit moral issu de la leçon de vie qu’est le rêve, ou explication du rêve par la psychanalyse, par exemple, comme dans La Maison du Docteur Edwardes, Hitchcock, 1945). Ce rêve éthique du film classique permet un retour au réel rassurant du récit principal, après l’expérience dérangeante de la séquence de rêve. Pourtant, s’opère à la fin des années 60 une contamination de la séquence de rêve à l’ensemble du film, grâce à des fictions clef comme Vertigo (Hitchcock, 1958), et Rosemary’s Baby (Roman Polanski, 1968). Les récits de rêve sont trompeurs et les rêves deviennent de réels coups montés. Une seconde modification survient avec des films de la période contemporaine. Les Griffes de la Nuit (1984) inscrit le cauchemar dans le récit principal, grâce à la figure clef de Freddy Krueger. Le cinéma de David Lynch brouille quant à lui le plus souvent les pistes entre rêve et réalité. Ce fantastique du rêve contagieux amène une mise en regard d’une réalité devenue douteuse.

  • Titre traduit

    ˜The œHorror and Fantasy of Dreams : An Analysis of Dream Sequences and Their Evolution from 1939 (The Wizard of Oz) to 2001 (Mulholland Drive)


  • Résumé

    We mean to analyse the principal traits of sixty dream sequences and to evaluate their influence in American cinema from 1939 (The Wizard of Oz, Victor Fleming) to 2001 (Mulholland Drive, David Lynch). We suppose that a dream sequence contains the basis for a horror and fantasy fiction, which rests on an uncanny situation (self-division due to sleep), on an uncanny style (a so-called fantastic condensation and displacement) and finally on the horror and fantasy genre. Classical cinema often draws a clear line between the horror and fantasy of dreams and the rest of the film, thanks to a series of narrative conventions (the dream can be seen as a lesson, or a psychoanalyst will explain it rationally, as in Spellbound, Hitchcock, 1945). That ethical dream allows classic films to end on a reassuring reality, after experiencing the uncanny of the dream sequence. However, at the end of the sixties, the uncanny of the dream sequence seems to have spread to the whole film, thanks to key films such as Vertigo (Hitchcock, 1958) and Rosemary’s Baby (Roman Polanski, 1968). The telling of dreams can be misleading and dreams often become real set-ups. A second step in that change takes place with contemporary films. A Nightmare on Elm Street (1984) allows dreams to find their place in the whole film thanks to the key figure that Freddy Krueger represents. And David Lynch’s films often blur the line between dream and reality. The influential horror and fantasy of dreams in those contemporary films enables to consider a dubious reality from a new perspective.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (521 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 492-510

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T 08 PA10-54
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