Didactique et non-philosophie

par Tanguy Rouaud

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de François Laruelle.

Soutenue en 2008

à Paris 10 .


  • Résumé

    L’enseignement et l’apprentissage de la philosophie sont grevés par la structure auto-référentielle de celle-ci. Même lorsqu’elle s’évertue à penser son extérieur, sa marge ou son autre, elle ne peut s’empêcher d’affirmer son identité et, inversement, elle ne connaît cette dernière qu’en la distinguant de ce qui l’environne ou la concurrence. Le plus souvent, elle confond identité et singularité, c’est pourquoi elle a toujours déjà thématisé le milieu à partir duquel elle est censée émerger et, en retour, elle ne peut considérer sa source et son aboutissement : le réel, qu’en tant qu’elle l’habite, voire l’occupe. La philosophie est impensable sans cette circularité inaugurale mais, en me��me temps, celle-ci n’est qu’une apparence qui ne trouve sa consistance et son caractère inéluctable qu’en philosophie. Autrement dit, même le cercle en question n’est imaginable que parce que l’autorité de la philosophie est toujours d’abord entérinée. Apprendre à philosopher, c’est commencer par admettre que le pré- et l’extra- philosophiques sont déjà structurellement « philosophables », c’est-à-dire déterminés en fonction de la réalisation « à venir » de la philosophie. Ce n’est pas qu’une illusion rétrospective, il s’agit là d’une caractéristique essentielle et fonctionnelle de la pensée lorsqu’elle se veut pratique précise mais, en même temps, au-delà de toute pratique particulière. C’est le cas de la philosophie, quand elle se dit éthique, politique, dialogique… mais cela concerne aussi la didactique dès lors qu’elle prétend circonscrire un certain savoir-faire tout en légiférant plus ou moins explicitement sur les autres modes de connaissance. Ce trait est particulièrement exacerbé lorsqu’il est question de didactique philosophique. La non-philosophie élaborée par François Laruelle constitue une opportunité de repenser l’identité de la philosophie sans l’aliéner à celle d’autres disciplines et, conjointement, de rendre son autonomie à chaque pratique, y compris à la didactique qu’il devient alors possible d’envisager indépendamment des schèmes épistémologiques, communicationnels et pédagogiques que la philosophie impose d’emblée.

  • Titre traduit

    Didactics and non-philosophie


  • Résumé

    The teaching and learning of philosophy are hindered by its self-referential structure. Even when it strives to think of external, marginal or other matters, it cannot help asserting its identity though it only grasps it by distinguishing it from what surrounds and rivals it. Most of the time, it mixes up identity and singularity, which is why it has always singled out as its theme the surroundings it is supposed to emerge from, and in return, it can only apprehend its source and outcome, that is to say reality, in so far as it dwells in it and even occupies it. Philosophy cannot exist without this preliminary circularity which at the same time is only an appearance, the substance and inescapability of which exist only in philosophy. In other words, even that very circle can only be imagined because the authority of philosophy is asserted from the start. Learning to philosophize means admitting from the start that pre- and extra- philosophical concepts can already be structured philosophically, that is to say determined according to the future achievement of philosophy. It is not a mere retrospective illusion, but a crucial and functional characteristic of thinking intended both as a precise and particular practice and beyond any particular practice. It is the case when philosophy claims to be ethical, political, dialogical – but it also concerns didactics as soon as it claims to define a particular skill while more or less explicitly laying down the rules of the other forms of knowledge. This trait is especially exacerbated in the teaching of philosophy. The “non-philosophie” developed by François Laruelle provides the opportunity to rethink the identity of philosophy without linking it with that of other subjects and simultaneously to restore the autonomy of each practice, including didactics which can then be considered apart from the epistemological, communicational and pedagogical schemata philosophy imposes from the start.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (309 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 301-303

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  • Bibliothèque : Université Paris Ouest Nanterre La Défense. Service commun de la documentation.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : T 08 PA10-44
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