Savoir et système

par Gabriel Catren

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Alain Badiou.

Soutenue en 2008

à Paris8 .


  • Résumé

    L'objectif principal du programme de recherche entamé dans ce travail est de construire une définition moderne de la philosophie. Par philosophie moderne, on comprendra une philosophie "synchrone" (Milner) de la science moderne, c'est-à-dire une philosophie à la fois "conditionnée" par la science moderne et "désuturée" de celle-ci (Badiou). Afin d'éviter toute forme de suture, c'est-à-dire afin de dénouer tout rapport de domination, de soumission, d'indiscernabilité ou d'intrication entre la science et la philosophie, afin d'en finir avec l'intarissable "conflit des facultés" qui fait barrage à leur synchronie, on suivra l'impératif régulateur de forcer une divergence aussi radicale que possible entre elles. Cet impératif rendra nécessaire de les redéfinir sous la forme ce que l'on appellera savoir et système respectivement. On arguera que le motif criticiste inauguré par Kant, loin de permettre à la philosophie de devenir enfin une philosophie moderne, a constitué plutôt une entrave réactive, une contre-révolution restauratrice, narcissique et ptolémaïque. On soutiendra en conséquence qu'une philosophie moderne doit nécessairement assumer la forme d'une philosophie post-critique, c'est-à-dire d'une philosophie qui, en ayant subsumé spéculativement les armes de la critique, puisse être définie légitimement comme une philosophie de l'absolu au double sens du génitif. Dans la construction que l'on entamera ici, le savoir sera localement inscrit dans le système philosophique, et celui-ci sera conçu comme un organon de la pensée au service d'une phénoménologie de l'absolu, c’est-à-dire d'un élargissement systématique de l'expérience réelle du réel.

  • Titre traduit

    Knowledge and system


  • Résumé

    This work aims to provide a modern definition of philosophy. Our definition understands modern philosophy as "synchronous" (Milner) with modern science. In other words, modern philosophy is both "conditioned" by modern science and "desuturated" from it (Badiou). Our definition seeks to avoid any kind of suture [stitching] between science and philosophy. In order to unknot any kind of domination, submission, indiscernibility or intrication between the two, and in order to bring to an end the inexhaustible "conflict of the faculties" that obstructs their synchronicity, we call for a radical divergence between science and philosophy. We cannot forcing such a divergence without redefining our terms. We thus redefine science and philosophy as what shall be called knowledge and system respectively. We argue that the critical motive launched by Kant has not led philosophy to become a modern philosophy, but rather has acted as a reactive obstacle to that path, fostering a conservative, narcissistic and Ptolemaic counter-revolution. We therefore argue that, to be modern, philosophy must be post-critical. By post-critical philosophy, we mean a philosophy that has speculatively sublated the critical moment, thereby legitimately becoming a philosophy of the absolute in the double sense of the genitive. In the construction that we propose here, knowledge will be locally inscribed in the philosophical system. The latter will be defined as an organon for the phenomenology of the absolute, that is to say for the systematic extension of a real experience of the real.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (335 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 325-335

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  • Bibliothèque : Université Paris 8-Vincennes Saint-Denis (Sciences humaines et sociales-Arts-Lettres-Droit). Service Commun de la Documentation. (Saint-Denis) .
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : TH 2677
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