Matière peinture sous le prisme de l'écriture : l'exemple de Fautrier

par Charlotte Thoraval

Thèse de doctorat en Langue, littérature et civilisation françaises

Sous la direction de Jean-Louis Leutrat.

Soutenue en 2008

à Paris 3 .


  • Résumé

    Loin d’examiner le « genre » « écrits sur l’art », les visées de ce travail consistent à analyser les relations qui se tissent entre un peintre et ses poètes, à étudier l’imbrication créative qui se trame entre ces deux langages que sont l’écriture et la peinture. Jean Fautrier est le peintre de la matière. Cette matière, novatrice dans le champ des arts plastiques au cours de la première moitié du XXème siècle, pose de nouveaux enjeux scripturaux aux écrivains. Les écrivains ne peuvent plus avoir recours à la description puisque, dans cette oeuvre dite « informelle », la figure tend à disparaître. L’écrit sur la peinture doit, à l’image de son sujet, se réinventer. Une quête du mot juste, de la forme adéquate s’engage et engage les écrivains. Refusant une dichotomie entre leur oeuvre et leurs écrits sur l’art, entre leur contemporanéité et une tradition littéraire, les auteurs s’approprient l’oeuvre du peintre pour l’exposer à la lecture. Malraux, Paulhan, Ponge… créent avec leurs textes sur Fautrier une mise en regard scripturale d’une oeuvre picturale. Réemployant leurs thèmes et thématiques, enserrant l’oeuvre dans la sphère littéraire, ils réinventent un genre et cristallisent une génération. Celle-ci se trouve justement figurée, incarnée par l’oeuvre du peintre dans laquelle « toute une sorte, une famille de sentiments nouveaux » s’offrent au regard, « qui vont du ravissement de l’oeil à l’horreur, à l’épouvante de l’oeil » (F. Ponge). Ce constat de la dissociation entre art et beau impose une « gêne » qui parcourt l’intégralité des textes sur Fautrier et en fait les modèles d’un nouveau genre, d’une nouvelle écriture sur la peinture qui se transforme en littérature d’art.

  • Titre traduit

    Painting as matter through the prism of writing : the example of Fautrier


  • Résumé

    Far from examining “writing on art” as a “genre”, this work aims at analysing – by inverting the prism of a writer’s reading and his painters to a painter and his writers – the relations between a painter and his “poets”, as well as studying the creative interweaving between the language of writing and that of painting. Jean Fautrier is the painter of matter. This matter – which was innovative in the plastic arts in the first half of the 20th century – presents the writers with new writing issues. Writers can no longer resort to description since representation tends to disappear in this so-called “informal” oeuvre. As a result, writing on painting, like its subject, has to reinvent itself. The search of the right word, the appropriate form starts out and engages writers in their own writing. In rejecting any dichotomy between their works and their writings on art, between their contemporaneousness and a literary tradition, the authors appropriate the painter’s oeuvre in order to expose it to reading. Malraux, Paulhan, Ponge… create a writing outlook over a pictorial oeuvre. By reemploying their themes and embedding the oeuvre into the literary field, they reinvent a genre and crystallize a generation. The latter being shown and embodied by the painter’s oeuvre, in which “a whole sort, a family of new feelings” reveal themselves to the public gaze, “that range from rapture on the eye to horror to terror on the eye” (F. Ponge). This acknowledgment of the dissociation between art and beauty imposes a “discomfort” to be found in all the texts on the painter and makes them models of a new kind, a new writing on painting which turns into art literature.

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  • Détails : 2 vol. (513 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 413-512. Index

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