"Sans Everything" : le néant dans le théâtre de William Shakespeare

par David Levin

Thèse de doctorat en Etudes du monde anglophone

Sous la direction de François Laroque.

Soutenue en 2008

à Paris 3 .


  • Résumé

    Cette thèse analyse les manières dont Shakespeare propose une expérience du néant dans son théâtre d’un point de vue à la fois littéraire et philosophique, et étudie les effets dramatiques que cette notion permet ainsi que les structures philosophiques qui les sous-tendent. Cet effet de néant est produit de trois manières. Premièrement, le style négatif et paradoxal de l’auteur brise souvent l’illusion théâtrale. En second lieu, les notions de néant pur et de néant moral surgissent des nombreuses évocations d’un monde de mutabilité, sans valeur, en déclin, abandonné des dieux et au bord de l’annihilation. Enfin, l’insistance sur le thème du néant de l’homme – à cause de son identité instable et de sa raison faillie – présente le monde fictif comme un objet de jugement impossible, tant pour les personnages et les spectateurs. La notion de néant devient ainsi une caractéristique importante de l’ontologie du monde fictif : par une série d’évocations de l’annihilation, de la perte de valeur, et de l’impossibilité logique, Shakespeare suggère que ce monde est aussi impensable, aussi vaste et pourtant aussi vide que le néant. Cependant, cet usage du néant n’est pas purement négatif, mais plutôt apophantique, car il attise la curiosité du spectateur en même temps qu’il moque son jugement, et invite à une réinterprétation sans fin.

  • Titre traduit

    “Sans Everything” : Nothingness in the Plays of William Shakespeare


  • Résumé

    This thesis analyses the way Shakespeare creates an experience of nothingness in his theater from a literary and philosophical perspective, studying both the dramatic effects that the notion allows and the philosophical structures which underpin them. This impression of nothingness is achieved in three ways. Firstly, the author’s negative and paradoxical writing style frequently shatters the theatrical illusion. Secondly, the notions of pure or moral nothingness arise from the recurring implication that the fictional world is worthless, mutable, in decline, abandoned by the gods, and on the brink of annihilation. Finally, the insistence on the theme of man’s nothingness – his unstable identity and fallen reason – seems to present the fictional world as an impenetrable cipher both for the characters and the spectators. Thus, the concept of nothingness becomes an important characteristic of the ontology of the plays’ fictional worlds: through a series of representations of annihilation, loss of value, and logical impossibility, Shakespeare suggests that these worlds are as unthinkable, as vast andyet as empty as nothingness itself. However, this use of nothingness is not purely negative, but rather apophatic, as it arouses the spectator’s curiosity just as it mocks his judgment, and opens the possibility of endless reinterpretation.

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (540 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 500-536. Index

Où se trouve cette thèse ?

  • Bibliothèque : Université Sorbonne Nouvelle. Direction des Bibliothèques Universitaires. Section Censier.
  • Consultable sur place dans l'établissement demandeur

Cette version existe également sous forme de microfiche :

  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (Paris).
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : MC 11241
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.