Ecrire : le corps comme territoire entre les langues : la "diglossie littéraire" dans l'oeuvre de Claude Ollier et d'Assia Djebar

par Sofiane Laghouati

Thèse de doctorat en Langue, littérature et civilisation françaises

Sous la direction de Mireille Calle-Gruber.

Soutenue en 2008

à Paris 3 .


  • Résumé

    Avant d’être appliqué à la littérature, le terme de diglossie apparaît en 1928 et définit la « coexistence, dans la même nation de deux langues rivales » (Psichari). Reprise et complétée par la sociolinguistique, la notion de diglossie est importée dans le domaine de la littérature sans connaître de grandes modifications quant à son contenu. Elle sera ici pensée comme le rapport de force qui s’établit entre deux langues dans une situation de plurilinguisme comme c’est le cas au Maghreb. Mais au-delà de simples tensions linguistiques liées à une situation géopolitique, la diglossie exprime la façon dont des auteurs —ici Assia Djebar et Claude Ollier— traduisent ces situations complexes au sein de leurs textes, de leurs écritures ; la manière dont ils font une place à l’Autre dans leurs œuvres. Cet Autre peut être l’étranger du dehors autant que la part d’étrangeté qu’ils portent en eux, mais aussi le langage inaudible du corps que tente d’exprimer l’écriture. La diglossie littéraire permet d’exhausser les soubassements culturels et idéologiques qui se trament dans le langage. Elle apparaît donc comme une brouille des référents, un processus qui travaille la langue des auteurs, pour en faire une langue littéraire, détachée du langage quotidien. Les textes d’Assia Djebar analysés dans cette étude sont les romans qui composent le Quatuor (encore incomplet) : L’amour, la Fantasia (1985), Ombre sultane (1987) et Vaste est la prison (1995), ainsi que le roman Loin de Médine (1991). Ceux de Claude Ollier sont La mise en scène (1958), Marrakch Medine (1979), Une histoire illisible (1986) et Truquage en amont (1992).

  • Titre traduit

    Writing : the body as a land between languages : The “literary diglossia” in Assia Djebar and Claude Ollier’s works


  • Résumé

    Before being used in literature, diglossia was defined in 1928 by the philologist Jean Psichari as the “coexistence of two rival languages in a same nation”. Strengthened by the sociolinguistics, the concept of diglossia was imported in literature without being substantially transformed. In this thesis, diglossia represents the balance of power existing in the case of multilingualism as in the Maghreb. Beyond the linguistic tensions linked to some geopolitical events, diglossia shows the way some authors, as Assia Djebar and Claude Ollier, express these complex events through their works and ways of writing. It also shows the way they leave space for the Other in their works. The Other may be the stranger outside as well as the otherness into themselves, without forgetting the inaudible language of the body that the writing tries to express. The literary diglossia allows focus on fundamental cultural and ideological facts which are implied in the language. It seems to scramble our cultural references, moulding the authors’ languages into a literary language, far from the everyday speech. All the Assia Djebar’s works studied throughout this thesis belong to the Quatuor (still uncompleted) – L’amour, la Fantasia (1985), Ombre sultane (1987) and Vaste est la prison (1995) – except the novel entitled Loin de Médine (1991). Claude Ollier’s are the following: La mise en scène (1958), Marrakch Medine (1979), Une histoire illisible (1986) and Truquage en amont (1992).

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Informations

  • Détails : 2 vol. (591 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 570-591

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