Aux sources du dehors : poésie, pensée, perception, dans l'oeuvre d'André Du Bouchet

par Victor Martinez

Thèse de doctorat en Langue, littérature et civilisation françaises

Sous la direction de Michel Collot.


  • Résumé

    Le monde sensible est aux sources de l’oeuvre d’André du Bouchet. L’image poétique est une traduction de traits perceptifs, saisis à un niveau phénoménal, qui se retrouvent au coeur de la langue. La langue cesse d’être un code ou une convention pour devenir la traduction d’un dispositif complexe, énonciatif, kinesthésique et postural, dans lequel le corps est central. Les apports des philosophies de Merleau-Ponty et de Maldiney, les travaux de Guillaume sur la langue et ceux de Peirce ou de Lyotard sur l’indice, permettent de centrer le travail poétique autour de la question du « sentir », et de résoudre enfin un paradoxe fondamental : l’attention au « dehors » de la langue ne débouche pas sur une poésie descriptive, objective ou référentielle, mais sur l’idée que la réalité est un phénomène invisible et global, irréductible aux sémiotiques objectives. A l’encontre des « herméneutiques » ou des « politiques » de l’événement, Du Bouchet inscrit, au coeur de la langue poétique, un événement qui n’a pas de signe. Une poétique de « l’emportement du muet » tourne le dos aux poétiques du « lieu » et de la « présence », en affirmant, paradoxalement, la réalité inentamable du monde. Cette thèse, en travaillant sur un corpus élargi aux entretiens et aux textes inédits, permet de situer une oeuvre centrale pour la poésie et pour la critique littéraire : une « critique de l’intonation » se dessine en fin de parcours, qui pourrait prendre le relais des anciennes « rhétoriques de l’image » ou des plus récentes « critiques du rythme ».

  • Titre traduit

    At the source of the « outside » : Poetry, Thought, Perception, in the work of André du Bouchet


  • Résumé

    The work of André du Bouchet finds its source in the world of the senses. The poetic image is a translation of those perceived characteristics, captured at the level of the phenomenon, which are at the core of language. Language stops being a code or a convention and becomes the translation of a complex enunciative, kinesthetic and postural system, to which the body is central. The contributions of the philosophy of Merleau-Ponty and Maldiney, the work of Guillaume on language and that of Peirce or Lyotard on the sign, allow the poetic work to centre on the question of "feeling", and finally resolve a fundamental paradox: attention to the "outside" of the language does not lead to a descriptive, objective or referential poetry, but to the idea that reality is an invisible and total phenomenon, that is irreducible to an objective semiotic. In opposition to the "hermeneutics" or "politics" of the event, Du Bouchet inscribes, in the heart of the poetic language, an event without sign. A poetics of "the rapture of the mute" turns its back on a poetics of "place" and "presence", while affirming, paradoxically, a reality refractory to the sign. This thesis, focusing on an extended corpus including interviews and unpublished texts, makes it possible to position a body of work central to poetry and literary criticism : a "criticism of intonation " evolves out of the process, a criticism which could take over from the long-standing "rhetoric of the image" or the more recent "critics of rhythm".

Consulter en bibliothèque

La version de soutenance existe sous forme papier

Informations

  • Détails : 1 vol. (637 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 565-626

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Université Sorbonne Nouvelle. Direction des Bibliothèques Universitaires. Section Censier.
  • Consultable sur place dans l'établissement demandeur

Cette version existe également sous forme de microfiche :

  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (Paris).
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : MC 11144
Voir dans le Sudoc, catalogue collectif des bibliothèques de l'enseignement supérieur et de la recherche.