La réception de Heidegger en Iran : Le cas de Ahmad Fardid (1910-1994). L'examen critique d'une lecture et ses implications

par Ehsan Mazinani

Thèse de doctorat en Langues, civilisations et sociétés orientales

Sous la direction de Yann Richard.

Soutenue en 2008

à Paris 3 .


  • Résumé

    L’objet de cette thèse est l’évaluation de la première réception de la pensée de Martin Heidegger en Iran, à travers l’examen de l’enseignement oral de Ahmad Fardid (1912-1994), figure de proue d’une école de pensée philosophique et, depuis l’avènement de la révolution islamique de 1979, d’un courant intellectuel surnommé heideggériens islamisants. L’analyse de ce complexe discursif d’inspiration heideggérienne et enraciné dans la tradition mystique (Ibn ‘Arabi, Hâfez, etc. ), montre la double face de ce discours hybride qui d’une part, dénonce toute fondation et réification « onto-théo-logique » de la foi et de la pensée, tout en amalgamant les deux domaines de la philosophie et de la mystique religieuse, et d’autre part, en livrant une rude bataille à la rationalité moderne, se met au service d’une « révolution conservatrice » en terre d’islam iranien. Malgré la proposition d’un certain nombre de questions essentielles, notamment la nécessité de la prise de conscience de la temporalité, la critique déconstructiviste et l’exigence de la fouille étymologique et sa contribution au renouvellement de la langue philosophique, ce discours a servi d’arme idéologique dans le conflit stratégique en cours entre l’Iran et l’Occident. Cette lecture interne et comparative de la réception de Heidegger via Fardid, accompagne une critique contextuelle externe de l’impact historique et sociopolitique de ce discours identitaire : une autre « affaire-litigieuse- de la pensée », survenue cette fois en Orient. Encore une erreur ‘théologico-politique’ de la part des philosophes, qui demanderait explication sur les racines philosophiques et examen de l’éventualité d’une errance ontologique.

  • Titre traduit

    Heidegger in Iran : Ahmad Fardid's case


  • Résumé

    The objective of this thesis is to examine how the Iranians initially understood Heidegger by examining the oral work of Ahmad Fardid (1912-1994), the influential philosopher of the ‘Islamic Heideggerian’ school of thought that emerged after the 1979 Islamic Revolution in Iran. This thesis is an attempt to evaluate Fardid’s novel and hybrid discourse, which brought together the Heideggerian inspiration and the Islamic mystical tradition (Ibn 'Arabi, Hâfez, etc. ). His discourse, on one hand, criticizes the onto-theo-logical construction and reification of the faith and the thought, but attempts to merge both the philosophical and mystical dimensions. On the other hand, it delivers a severe blow to modern rationality and lends itself to a ‘conservative revolution’ in the context of Iranian Islam. Despite raising a number of essential questions, most notably those concerning time-consciousness, a deconstructive criticism and the passion for the etymological excavation, Fardid’s ideas have contributed to the renewal of a philosophical literature in Iran that has served as a formidable ideological weapon in the current strategic conflict between Iran and the West. The methodological approach of this research is twofold: first, it compares and contrasts the texts of the two philosophers, Heidegger and Fardid; second, it contextualizes their ideas by critically examining the historical and socio-political impacts of such ideas on the current political/theological/philosophical discourses. More specifically, this study examines the impact of Fardid’s ideas on a new ‘litigious concern of the thought’ in the East, i. E. The ‘theologico-political tale of ‘error’ on behalf of the philosophers, which deserves a critical inquiry into the philosophic roots of Heideggerian ‘ontological erring’.

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  • Détails : 1 vol. (283 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 251-281.

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