Condillac, une philosophie morale et politique oubliée

par Jean-Marc Messager

Thèse de doctorat en Philosophie

Sous la direction de Jean-Louis Labussière.

Soutenue en 2008

à Montpellier 3 .


  • Résumé

    Le langage, élément central du système de Condillac, ne se comprend réellement qu'au regard de la thématique de l'action, à partir de laquelle il est possible de redonner à toute œuvre sa véritable unité. L'abbé s'efforce, dans sa relecture de Locke, de montrer comment la liberté, n'est, dans les faits, que dans l'usage volontaire que nous faisons des signes, lorsque nous lions nos idées. Par l'analyse, les signes du langage permettent de subordonner le désir, à l'origine de nos facultés, à la faculté suprême : la raison. Morale et politique sont, dans le domaine individuel et dans le domaine collectif, l'expression de la même exigence de cette connaissance claire de l'homme qui, partant de l'entendement humain tel seulement qu'il nous apparaît, ne saurait prétendre retomber dans les errements de l'ancienne métaphysique et de l'esprit de système. Dépassant l'opposition cartésienne du corps et de l'âme, l'empirisme de Condillac se construit contre le matérialisme qui peut en être la conséquence. Repensant la relation de l'âme et du corps, le philosophe montre que sensualisme et nature spirituelle de l'âme coexistent dans une réflexion sur l'homme débarassée de tout dogmatisme. L'œuvre de Condillac fera l'objet dès lors d'interprétations souvent contradictoires : tour à tour suspectée de toucher au matérialisme et plus rarement au spiritualisme, elle finira par tomber dans un injuste oubli, dépassée par des disciplines nouvelles (philosophies du langage, de l'action) qu'elle contribuera à annoncer.

  • Titre traduit

    Condillac, a neglected philosophy of moral and politics


  • Résumé

    Language, as a central element within Condillac system, is really understandable from the action's thematic viwpoint from wich it is possible to give back to his whole work its real unity. Through his Locke's rereading, Condillac tries to point out, as a matter of fact, that freedom depends on how we intentionally use signs to be linked to our ideas. Through analysis, the language signs are subject to desire being the origin of our faculties, to the highest faculty: the reason. Inside the individual and collective fields, moral and politics require this clear knownledge of man which, coming from the human understanding as it appears to us, could not pretend to fall into the erring ways of the old metaphysics and of the methodical mind. Exceeding the Cartesian opposition of body and soul, Condillac empiricism is going against materialism which could be a consequence. Rethinking of the body and soul's relation, Condillac shows that sensualism and spiritual nature of the soul coexist within a reflection about man without any dogmatism. From that time, Condillac's work will often be interpreted in many conflicting ways: suspected of materialism ans scarely spiritualism it will unfairly be neglected and new disciplines such as philosophy of language, of action, which it contributed to announce, will overtake it.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (539 p.)
  • Annexes : Bibliographie p. 528-539

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  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire. Section Lettres.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TL 2008.MON-91
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