Érubescences & Turgescences dans l'imaginaire shakespearien et la culture de la Renaissance

par Frédéric Delord

Thèse de doctorat en Anglais

Sous la direction de Yves Peyré.

Soutenue en 2008

à Montpellier 3 .


  • Résumé

    Deux manifestations corporelles liées au désir, que les personnages s’y soumettent ou qu’ils s’y soustraient, sont particulièrement récurrentes dans le théâtre de William Shakespeare : la turgescence et l’érubescence. La première est traditionnellement interprétée comme une marque de lubricité quand la seconde est prise pour un signe de pudeur. Pourtant, chacune constitue un langage du corps équivoque, dont les significations sont multiples, voire contradictoires. Dans cet enchevêtrement, il n’est pas rare que le rougissement et la pâleur rencontrent le durcissement et l’amollissement, dans le corpus shakespearien même, comme dans ses sources antiques, mythologiques (Ovide, Virgile) et médicales (Galien). L’iconographie de la Renaissance, qui s’empare de sujets classiques et bibliques, fait aussi la part belle à la représentation de la nudité, en mettant en valeur la couleur et la forme des corps. Parce que ces expressions physiques étaient difficilement représentables sur la scène élisabéthaine (la turgescence est obscène, et l’érubescence ne peut être commandée), elles furent vraisemblablement remplacées au théâtre par des expressions corporelles de substitution.

  • Titre traduit

    Swelling & Reddening Bodies in Shakespeare's World and Renaissance Culture


  • Résumé

    Two corporal manifestations which are linked with sexual desire (whether it be excessive or restrained) are particularly recurrent and puzzling in Shakespeare’s theatre: swelling and reddening. The first is often phallic, hence traditionally interpreted as bawdy, when the second is assumed to be a sign of modesty. Nevertheless, they could also be defined as equivocal and ambiguous. Besides, they tend to appear simultaneously and intertwine in texts, not only in Shakespeare’s, but in the mythological (Ovid, Virgil) and medical (Galen) sources of the plays as well. Renaissance iconography has also represented nude bodies, enhancing skin colours and textures, within both Classical and Christian contexts. But because these actions could not be performed on the Elizabethan stage (one is obscene, and the other uneasily counterfeited), they had to be replaced by other body languages.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (386-LI p.)
  • Annexes : Bibliographie p. I-XXXVII. Index

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  • Bibliothèque : Bibliothèque interuniversitaire. Section Lettres.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TL 2008.MON-55
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