Ma'ohi tumu et hutu painu : la construction identitaire dans la littérature contemporaine de Polynésie française

par Jean-Luc Picard

Thèse de doctorat en Langues et littératures françaises

Sous la direction de Jean-Marie Privat.

Le président du jury était Pierre Halen.

Le jury était composé de Pierre Bidart, Daniel Delas, Flora Devatine, Serge Dunis.


  • Résumé

    D’abord « Indiens » pour leurs « découvreurs », « peuple de la Bible » pour les missionnaires qui les alphabétisèrent, et « sauvages » pour les écrivains exotiques, les Polynésiens voulurent enfin revendiquer leur propre identité quand la France installa le Centre d’Expérimentation du Pacifique et que les premiers essais nucléaires commencèrent à Moruroa en 1966. Ils se voulurent alors Ma’ohi tumu, autochtones bien ancrés dans le sol de leurs îles. Ils revendiquèrent, pour résister à l’agression, une identité ancienne qui leur permettait de renouer fièrement avec un passé et des traditions qu’ils avaient oubliés. Les premiers écrivains polynésiens se joignirent naturellement à ce mouvement de renouveau identitaire et célébrèrent, avec les autres militants, l’oralité et la terre de leurs ancêtres. Les femmes qui avaient eu assez peu la parole jusqu’alors trouvèrent dans la littérature le moyen de faire enfin entendre leur voix. La littérature, essentiellement féminine, remit peu à peu en cause un modèle identitaire qui privilégiait les valeurs masculines. Les écrivaines participent aujourd’hui à la construction d’une identité polynésienne qui prend en compte les individus et s’ouvre davantage à l’Autre.

  • Titre traduit

    Ma'ohi tumu et hutu painu : construction of identity in French Polynesian literature


  • Résumé

    First referred to as “Indians” by those who “discovered” them, then as “the People of the Bible” by the missionaries who taught them how to read and write and at last as “savages” by exotic writers, Polynesians finally decided to assert their identity as the C.E.P. (nuclear testing center) was set up by France and as tests started in Moruroa in1966. They began to think of themselves as Ma’ohi tumu, that is to say natives solidly rooted in the ground of their islands. In order to resist aggression, they proclaimed an old identity which enabled them to revive traditions as well as a past which they had forgotten about. The first Polynesian writers naturally joined in this identity revival and celebrated, along with other activists, oral tradition together with the land of their ancestors. Women, who up to then had not really been entitled to make their voices heard, found a way to do so through writing. Literature, mainly female, gradually challenged an identity model which foregrounded male values. Nowadays, female writers are taking part into the making of a Polynesian identity which takes individuals into account and is opening up to the Other.


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