Risques suicidaires et routiers chez les 18-25 ans : relations avec la recherche de sensations

par Sébastien Bernard Rémy (Remy)

Thèse de doctorat en Psychologie

Sous la direction de Eric Brangier et de Anna Maria Berardi.

Le président du jury était Patricia Delhomme.

Le jury était composé de Eric Brangier, Jean-Pascal Assailly, Catherine…. Pichené, Pascale Salhani.


  • Résumé

    Les deux premières causes de mortalité pour la tranche d’âge des 18-25 ans sont les accidents de la route et les suicides, respectivement. Les prises de risques qui y sont associées peuvent être mises en relation avec la recherche de sensations. Le but de ce travail a donc été, dans un premier temps, de démontrer le lien entre le suicide et la recherche de sensations. Des patients suicidants ont été comparés à des témoins chercheurs de sensations fortes et faibles chercheurs de sensations, appariés pour l’âge, le sexe et le niveau d’études (N=23 dans chaque groupe). Des anciens suicidants, des personnes suicidaires, des témoins chercheurs de sensations fortes et faibles chercheurs de sensations, appariés pour l’âge, le sexe et le niveau d’études, ont également été comparés (N=23 dans chaque groupe). Les résultats confirment que les patients suicidants, les anciens suicidants et les personnes suicidaires s’apparentent à des chercheurs de sensations fortes. La satisfaction liée au soutien social perçu est par contre moins élevée chez les patients suicidants par rapport aux deux groupes de témoins. Les anciens suicidants et les suicidaires ne différent pas des témoins pour le soutien social perçu. Dans un deuxième temps, un questionnaire sur les comportements et attitudes déclarées sur la conduite routière (QC-24) a été créé et validé sur un échantillon de la population des 18-25 ans (N=280 pour la création et N=300 pour la validation). Les relations entre QC-24 et la recherche de sensations ont également été étudiées, permettant de mettre en évidence la bonne spécificité et les propriétés psychométriques optimales de ce nouveau questionnaire. Enfin, dans un troisième temps, des patients suicidants et conducteurs de voiture ont été comparés à des témoins forts preneurs de risques routiers et faibles preneurs de risques routiers, appariés pour l’âge, le sexe et le niveau d’études (N=10 dans chaque groupe). Des infractionnistes de la route ont également été comparés à des témoins forts preneurs de risques routiers et faibles preneurs de risques routiers, appariés pour l’âge, le sexe et le niveau d’études (N=10 dans chaque groupe). Cette dernière étape a permis de démontrer que si les suicidants et les infractionnistes sont des chercheurs de sensations fortes, ils diffèrent pour d’autres traits de personnalité. Plus particulièrement, les suicidants ont un névrosisme élevé par rapport aux témoins conducteurs ; les suicidants ne diffèrent pas des témoins conducteurs, forts preneurs de risques routiers ou faibles preneurs de risques routiers, au niveau de l’extraversion. Les infractionnistes sont supérieurs en extraversion par rapport aux témoins conducteurs qui prennent peu de risques routiers, et sont équivalents en extraversion aux témoins conducteurs qui prennent beaucoup de risques routiers ; ces trois groupes ne diffèrent pas en névrosisme. Les suicidants se révèlent également moins adaptés socialement que les deux groupes témoins. Ces résultats permettent donc de mettre en évidence des différences dans les profils de personnalité des suicidants et des infractionnistes, qui pourraient se révéler utiles pour le diagnostic différentiel des risques suicidaires et routiers, ainsi qu’en matière de prévention.

  • Titre traduit

    Suicidal and road taking risks in 18-25 year olds : relationships with sensation seeking


  • Résumé

    The first two causes of death in 18-25 year olds are respectively road accidents and suicides. The associated risk taking behaviors can be related to sensation seeking. The first aim of this study was to demonstrate a relationship between suicide and sensation seeking. Suicide attempters were compared to two groups of controls, high-sensation seekers and low sensation seekers. All groups were matched for age, sex, and education (N = 23 in each group). Past suicide attempters, participants with suicidal ideation, high-sensation seekers, and low sensation seekers, matched for age, sex and education, were also evaluated (N = 23 in each group). The results suggest that suicide attempters, past suicide attempters and participants with suicidal ideation, are high sensation seekers. The satisfaction of perceived social support was lower in the suicide attempters than in the control groups. However, past suicide attempters and participants with suicidal ideation did not differ from controls on perceived social support. The second aim of this study was to develop a new questionnaire to evaluate reported road behaviors and attitudes (QC-24). The questionnaire was developed and validated on a sample of 18-25 year olds (N =280 for the development and N = 300 for the validation). Relations between QC-24 and sensation seeking were studied, and showed the good specificity and optimal psychometric properties of this new questionnaire. Finally, the third aim of this study was to compare suicide attempters who are drivers to participants who are high-risk takers and low-risk takers on the road. Also, road offenders were compared to participants who are high-risk takers and low-risk takers on the road. All groups were matched on age, sex and education (N = 10 in each group). This study showed that both suicide attempters and road offenders are high sensation seekers, but that they differ on other personal traits. For instance, suicide attempters showed higher degrees of neuroticism compared to controls; moreover, suicide attempters did not differ from high-risk takers and low-risk takers on the road on extraversion. On the other hand, road offenders had higher degrees of extraversion relative to low-risk takers on the road, and were equivalent on extraversion to high-risk takers on the road; the three groups were comparable on neuroticism. Suicide attempters were also less socially adapted than the two control groups. These results suggest that the profiles of suicide attempters and road offenders are different, and could be used for the differential diagnosis of suicidal and road taking risks, and for their prevention.

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