Réforme du système français de retraite et offre de travail en fin de cycle de vie

par Tarek Khaskhoussi

Thèse de doctorat en Sciences économiques

Sous la direction de François Langot.

Soutenue en 2008

à Le Mans .


  • Résumé

    Le vieillissement de la population est l’un des grands enjeux auxquels sont confrontés les pays européens, et en particulier la France. Au cours des prochaines années, la France connaîtra une forte augmentation de la part des personnes âgées dans la population et une diminution marquée de la population des classes d’âge en âge de travailler. Sans réforme des retraites et plus généralement du marché du travail des seniors, la proportion des inactifs âgés par travailleur doublera d’ici à 2050. Conjuguée à l’augmentation de la longévité (les hommes qui ont pris leur retraite en 2004 ont une espérance de vie de 21 ans, alors qu’elle n���était que de 10. 8 ans en 1970), un vieillissement de cette ampleur exercerait de vives pressons sur les budgets publics : les dépenses de retraites passeront de11. 6 % du PIB en 2000 à 13. 8 % en 2020. Etant donné la multiplicité des facteurs qui empêchent les seniors de continuer de travailler, la seule réforme des retraites ne suffira pas pour développer les possibilités d’emploi pour les travailleurs en fin de carrières. Néanmoins, les mécanismes financiers inscrits dans le systèmes de retraite et autres dispositifs sociaux jouent un grand rôle dans l’arbitrage entre travail et retraite, et il est important que les seniors n’aient pas à supporter un lourd prélèvement fiscal s’ils choisissent de continuer de travailler. C’est ainsi que les incitations financières en faveur de la poursuite de l’activité doivent être renforcées. Si l’on parvenait à encourager les plus âgés à rester plus longtemps en activité, cela pourrait être bénéfique sur au moins deux plans : cela améliorait la situation des finances publiques et cela stimulerait la croissance de la population active. Les travaux empiriques de Hairault, Langot et Sopraseuth [2007] montrent que l'âge anticipé de retraite explique significativement la diminution des taux d'emploi en fin de cycle de vie. En effet, l'anticipation d'une retraite très proche peut rendre tout investissement sur le marché du travail non rentable. Comme le montrent, Hairault, Langot et Sopraseuth [2006], la théorie de la recherche d'emploi permet d'expliquer pourquoi un horizon court diminue l'intensité de la recherche d'emploi et donc le taux d'emploi à l'approche de l'âge de la retraite, en expliquant les faibles taux d'activité aux âges élevés par la faiblesse des incitations financières à rester en activité au delà d'un certain âge, qu'elles soient dues au système de retraite proprement dit ou à différents dispositifs de retraite anticipée. Toutefois, l'investissement sur le marché du travail ne se limite pas aux efforts de recherche d'emploi des chômeurs. Ainsi, la distance relativement à l'âge du taux plein, qui détermine de façon certaine un horizon court, est un facteur explicatif du faible investissement des offreurs de travail, qu'ils soient chômeurs (effort de recherche d'emploi) ou qu'ils soient employés (effort de formation). Au delà des faibles incitations à la reprise d'emploi, expliquant le faible taux d'emploi des seniors, un horizon court peut donc également rendre compte du plus faible niveau de productivité. Cette dernière se serait réduite, ou plus exactement ne serait plus suffisante pour compenser leurs salaires, rigides à la baisse. Dans cette thèse, nous proposons d’exposer dans un premier chapitre, les faits empiriques et les principales contributions théoriques expliquant la décision de départ à la retraite. Dans un second chapitre, nous proposons d’évaluer l’incidence des institutions françaises (pré-retraite et retraite) sur le taux d’emploi des seniors. Le chapitre 3 fournit une évaluation comparée des différentes politiques incitatives de prolongement d’activité. Pour tenir compte de l’impact sur le productivité, le chapitre 4 généralise l’approche des chapitres précédents en intégrant la formation de capital humain. Enfin, dans un dernier chapitre, nous proposons critique des politiques ayant pour objectif d’inciter à offrir plus longtemps son travail en tenant compte d’une rigidité salariale.


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Informations

  • Détails : 1 vol. (220 p.)
  • Annexes : Bibliogr. p. 212-220

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  • Bibliothèque : Université du Maine. Service commun de la documentation. Section Droit.
  • Non disponible pour le PEB
  • Cote : 2008LEMA2002
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